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"L'EPS, ce n'est pas fait pour fabriquer les champions": Daniel Riolo tacle Kevin Mayer qui déplore la place du sport à l'école

Kevin Mayer déplore l'inefficacité de l'EPS dans la fabrique de champions sportifs mais Daniel Riolo estime lui que le sport à l'école n'a aucunement vocation à rapporter des médailles.

Le vice-champion olympique du décathlon est formel : "En France, à l'école, il n'y a aucune culture de la gagne". Dans un entretien au Figaro, Kevin Mayer estime que le manque de résultats sportifs en athlétisme (une médaille d’argent aux Jeux de Tokyo, la sienne) est lié à la place du sport dans l’éducation nationale :

"À l'école, tout est fait pour faire comprendre aux enfants qu'il vaut mieux avoir une bonne note en mathématiques qu'en sport (…) L'opinion publique critique certains sportifs français qui ne donnent pas tout aux Jeux, mais on ne leur a jamais appris à le faire. Le problème est dans l'éducation sportive", assure l’athlète de 29 ans.

La place du sport à l’école est devenue un sujet national après des résultats aux Jeux de Tokyo jugés mitigés par le président de la République lui-même et à 3 ans des Jeux olympiques de Paris 2024.

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"C'est pour donner le goût du sport aux enfants"

Mais pour Daniel Riolo, l'EPS en France n'a en aucun cas vocation à former de futurs champions olympiques: "On n’est pas comme aux Etats-Unis où le sport de haut niveau s’apprend à l’école. Nous c’est soit dans les centres de formation pour le foot par exemple ou le sport étude si on détecte le talent chez un gamin. Pour le reste c’est l’EPS à l’école", rappelle-t-il ce mardi sur RMC

"L'EPS à l'école, ce n'est pas fait pour fabriquer les champions, c'est pour donner le goût du sport aux enfants. C’est développer l’idée que c’est bon pour la santé et développer le goût pour le sport. Ce n'est pas le rôle de l'école de nous faire gagner une médaille à Paris 2024", ajoute-t-il.

De fait, rien n'est fait pour permettre à l'EPS de le faire juge Daniel Riolo. Il déplore notamment l’emplacement du sport dans l’emploi du temps, parfois entre deux cours de maths et de Français et pas systématiquement en fin de journée comme le voudrait la logique.

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"À l'école, il y a trop de freins, on n'a pas assez d'installations, pas assez d’horaires"

Sébastien, prof d'EPS, estime que le problème est bien plus général: "Son coup de gueule, Kevin Mayer doit l’adresser à la société en général. La France n'est pas un pays de sportifs. Dans l’ensemble, on n’est pas sportif, ce n’est pas culturel. À l'école, il y a trop de freins, on n'a pas assez d'installations, pas assez d’horaires", déplore-t-il.

Avant Emmanuel Macron, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, avait salué les effets de l’EPS sur les bons résultats des sports collectifs français avant d’être repris par le médaillé d’argent en basket Evan Fournier. L'arrière des Knicks lui avait assuré que ce n’était pas "les deux minuscules heures d'EPS par semaine de mon emploi du temps de collégien" qui lui avaient "insufflé l'envie de jouer au basket".

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G.D.