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"La solitude tue autant que le Covid": le plaidoyer de Kev Adams pour une solidarité entre les générations

A quelques jours de la sortie de son nouveau film, "Maison de retraite", Kev Adams est l'invité de la Matinale week-end de RMC. Il appelle à une prise de conscience des plus jeunes sur l'importance de nos ainés.

C'est un film au coeur de l'actualité. Quelques semaines après la sortie du livre-enquête du journaliste Victor Castanet, "Les Fossoyeurs", c'est sur le ton de la comédie que la réalité des Ehpad se dévoile. Dans "Maison de retraite", Kev Adams joue un jeune "anti-vieux" condamné à un travail d’intérêt général: intégrer une maison de retraite où les habitants s'appellent Gérard Depardieu, Daniel Prévost, Mylène Demongeot, Marthe Villalonga ou encore Firmine Richard.

Un beau casting pour créer des liens intergénérationnels

"On s'est inspirés d'un fait divers qui est réellement arrivé, c'est pour ça que toute cette actualité me fait un peu sourire, il y a de l'hypocrisie là-dedans, explique Kev Adams. Ce n'est pas nouveau la situation des Ehpad, la maltraitance et l'isolement des personnes âgées."

L'objectif de l'ancien acteur de la série Soda: créer un lien intergénérationnel. "Je crois que mon film fera prendre conscience aux plus jeunes de l'importance de nos ainés." Un pari réussi quand "la plupart des jeunes qui viennent voir ce film me disent quand on sort on a envie d'appeler nos grands parents". Une fierté pour l'humoriste: "Moi il est là mon job. J'ai fait une comédie où on se marre, on passe un super moment en famille. Je veux rapprocher les générations entre elles à une époque où il y a jamais eu autant de différences entre nos jeunes et nos ainés, et encore plus depuis le Covid-19 malheureusement."

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Un appel aux jeunes

Une idée qui lui vient de son expérience personnelle: "quand j'avais 14/15 ans, je voyais tout le temps mes grands-parents. Le mercredi après-midi, j'étais chez ma grand-mère. Le samedi après-midi, mon grand-père était chez nous. Ce n'était pas événementiel: on les voyait tout le temps. Aujourd'hui, j'ai un frère de 15 ans: quand il va voir ma grand-mère deux fois dans l'année, qu'il lui dit quatre mots, on a l'impression qu'il a fait un don à la Croix-Rouge. Ce n'est pas normal."

"Ce n'est ni de sa faute à lui, ni de sa faute à elle", juge le juré de Mask Singer. "Les jeunes ont d'autres moyens de communication." Son objectif: que ce film "soit un point de connexion". "Ma grand-mère regarde Michel Drucker, mon petit frère regarde Netflix et Tiktok. Quand ils se voient, forcément, il y a moins de sujets de discussions possibles. L'idée c'est de créer des moments, des objets culturels, comme ce film, pour les réunir."

Rompre l'isolement

"Les soignants donnent leur maximum pour aider les personnes âgés. Il y a un sous-effectif qui n'est plus a démontrer. Ils font le travail de deux ou trois personnes. Et en plus, ils sont stigmatisés", estime Kev Adams. Son constat est simple: "Nos personnes âgées ont été mises à l'écart pendant beaucoup trop de temps. Ça fait deux ans qu'on demande à nos plus jeunes de leur faire coucou de loin, de leur parler derrière une vitre."

Se faisant écho de ce que lui ont dit de nombreux habitants de ces Ehpad, l'acteur conclut: "la solitude tue autant que le Covid." "Ne pas avoir de visite, c'est pire que le Covid. Il y a besoin de sociabiliser un minimum. Quand il n'y a plus de surprise, la vie devient d'une monotonie terrible.

Maxime Martinez