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"96% des Français se disent favorables à ce que le droit à l'euthanasie existe", défend un député LREM

La question de la légalisation du suicide assisté a été relancée depuis la semaine dernière avec la mort de l'ancienne secrétaire d'Etat, Paulette Guinchard, qui a elle même eu recours à l'euthanasie en se rendant en Suisse.

Sa mort a relancé le débat sur l’euthanasie. Paulette Guinchard, ancienne secrétaire d'Etat aux personnes âgées, à l'initiative de l'Allocation personnalisée d'autonomie, est morte à l'âge de 71 ans la semaine dernière après avoir eu recours au suicide assisté.

Dans un hommage que lui a rendu la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay, elle a reposé la question de l’euthanasie. "Sa décision ultime, le suicide assisté, que la loi de notre pays n'autorise pas, nous invite encore à réfléchir et à avancer pour mieux appréhender la fin de vie en toute dignité, en toute conscience et en toute liberté. Grande leçon de vie", a indiqué la présidente de région.

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Alors pourquoi est-elle en retard par rapport à certains de ses voisins sur la légalisation du suicide assisté. Pour Jean-Louis Touraine député LREM du Rhône, c’est parce qu’en France sur les sujets de société, on avance très lentement. 

“C’était déjà le cas pour l’interruption volontaire de grossesse où à l’époque déjà les femmes françaises devaient aller en Angleterre en Suisse pour requérir des services qui leur étaient interdits en France et malheureusement ça créait une inégalité parce que toutes ne pouvaient pas le faire”, explique-t-il. 

Une liberté?

Il explique par ailleurs qu’il y a 15 ans, Paulette Guinchard n’était pas favorable à l’euthanasie. 

“Les 15 dernières années, elle s’est rendue compte que la situation française n’était pas tenable et elle a évolué alors que sa maladie a progressé. Et de même que pour nous quand nous sommes en bonne santé, nous disons, cette question, on la verra plus tard. 
Mais quand la maladie nous atteint de manière prolongée, pénible, il y a un moment où on dit, je veux pouvoir choisir. Ce n’est pas un hasard si lors du dernier sondage Ipsos, 96% des Français se disaient favorables à ce que ce droit existe, parce qu’il s’agit d’une question de droit”, appuie-t-il face aux Grandes Gueules. 

Pour l’avocat Gilles William-Goldnadel, savoir qu’il peut choisir pourrait même être rassurant dans la vie de tous les jours. 

“Savoir que je peux aller mourir dignement et peut-être même dans un cadre approprié, bienveillant et bienfaisant, me rassurerait même dans ma vie de tous les jours. Je trouve que c’est une liberté exceptionnelle”, indique-t-il. 

Il précise néanmoins que le consentement doit être parfaitement établi pour que cela soit possible selon lui.

Guillaume Descours