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Canards des Landes abattus: "S'ils avaient réagi plus tôt, on n'aurait jamais eu cette épizootie"

Le ministère de l'Agriculture a annoncé que les 600.000 canards d'élevage des Landes seront abattus pour tenter d'éradiquer l'épidémie de grippe aviaire. Une mesure qui aurait pu être prise plus tôt estime Lionel Candelon, co-président des Canards en colère, invité ce mardi dans les Grandes Gueules.

La mesure est radicale. Les 600.000 canards encore vivants des Landes vont être abattus a indiqué le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. Mais pour Lionel Candelon, co-président des Canards en colère, la mesure aurait dû être prise plus tôt. "C'est une mesure qu'on a demandée le 20 décembre dans le Sud-Ouest car le virus était extrêmement contagieux, extrêmement volatil puisqu'il y a une grosse partie de la contamination qui se fait par l'air et par les poussières et on avait déjà demandé le dépeuplement. Là on a perdu deux mois et demi! S'ils avaient réagi plus tôt, on n'aurait jamais eu l'épizootie qu'on a aujourd'hui. ", a-t-il déploré ce mardi dans les Grandes Gueules.

"Ils n'ont pas les moyens"

Selon lui, l'abattage par zone mis en place ces derniers mois n'a pas été faits dans les règles: "On a nous a promis aussi que les transports allaient être faits uniquement dans des camions bâchés ou avec des filets, ce n'est pas vrai, ça ne s'est pas passé comme ça sur le terrain. Ils n'ont pas le temps, ni les moyens".

Il déplore aussi la méthode d'euthanasie: "Si vous êtes dans un foyer, ils viennent et ils euthanasient sur place. Si vous êtes en zone normale, ils viennent, ils chargent les canards et ils les analysent à l'abattoir. Mais au lieu d'analyser les canards avant qu'ils partent des exploitations, ils les ont analysés à l'abattoir et ils ont contaminé toutes les routes".

"Comment la filière va faire pour tenir?"

Lionel Candelon souligne aussi la situation précaire dans laquelle se retrouvent les éleveurs: "Les cotisations continuent à arriver, les gens nourrissent leur famille comme ils peuvent, ils n'ont plus de revenus".

Quant à l'avenir, l'éleveur est plutôt pessimiste: "On table sur une reprise pas avant l'été. Comment la filière va faire pour tenir? Et pour tous ceux qui coupent, qui transportent et qui vendent, eux ils n'ont aucun centime de débloqué. La filière courte va quasiment disparaître. Ceux qui sont à moins de 10 ans de la retraite, ils ne pourront pas repartir, ils ne pourront pas investir pour mettre aux normes".

P.B.