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Coronavirus: "Les chiffres donnés tous les soirs, c'est la partie émergée de l'iceberg"

Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris, était l'invité du "Grand Oral" des "Grandes Gueules" ce jeudi.

La vague du coronavirus se dirige sur l'Ile-de-France. A Paris, dans son hôpital, le docteur Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris, constate cette hausse constante du nombre de cas:

"On constate une augmentation faible mais réelle. Tous les jours un peu plus de patients arrivent avec des suspicions de coronavirus et plus de la moitié sont hospitalisés. La vague augmente un peu tous les jours mais de manière constante et continue. Tous les jours, il y a un peu plus de patients et comme ils sont graves, on doit les hospitaliser. Ce qui fait la difficulté de cette vague, c'est qu'elle s'inscrit dans le temps", a souligné ce chef du service des urgences.

"Une maladie extrêmement agressive"

Sur les chiffres officiels données chaque soir, le médecin admet "qu'ils ne veulent pas dire grand-chose":

"Le chiffre qu'on donne à 19h tous les soirs, ce sont les patients qui ont été testés, mais c'est la partie émergée de l'iceberg. La première raison c'est que la moitié de la population qui est contaminée ne présente pas de signes, donc on entend pas parler de ceux-là. Il y a aussi ceux qui sont malades mais pas assez gravement malades pour être testés parce que c'est la politique qui a été choisie. La réalité des choses, c'est que je pense qu'il y a beaucoup de morts dans les Ehpad, à domicile, dans les centres pour handicapés. Et la plupart du temps ils ne sont pas testés, donc ils n'entrent pas dans le nombre de morts qui est donné tous les jours".

Et de souligner: "Il faut comprendre que c'est une maladie extrêmement agressive qui touche des gens âgés mais des gens entre 55-65 ans. Mais nous avons aussi des gens plus jeunes. Hier un homme de 45 ans, sportif et en bonne santé est arrivé et il est déjà en réanimation. On n'a jamais vu ça".

RMC vous propose de revoir l'intégralité de cette entretien dans la vidéo ci-dessus.

P.B.