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Des néonazis dans l'armée Française? "Des enquêtes de commandement sont en cours", affirme le porte-parole du ministère des Armées

Mediapart a révélé les dérives au sein de l'armée française, avec une cinquantaine de militaires qui affichent ouvertement leurs convictions néonazies.

Mediapart a publié mardi une enquête documentée soulevant ces dérives au sein des armées, que le ministère juge "très grave" tout en assurant qu'"aucune idéologie contraire aux valeurs de la République n'est tolérée" dans ses rangs.

Le média en ligne a collecté de nombreuses traces laissées sur le net par "une cinquantaine de nouveaux cas de militaires néonazis", en particulier dans la Légion étrangère, et met en doute la sévérité des sanctions prononcées à leur encontre en cas de faute avérée. Parmi ces traces des messages sur les réseaux sociaux à la gloire de la Waffen-SS ou du franquisme, des photos devant des drapeaux barrés de la croix gammée, ou encore des vidéos d'enfants incités à accomplir le salut hitlérien.

Invité dans les Grandes Gueules, le porte-parole du ministère des Armées, Hervé Grandjean, a fait le point sur cette affaire.

“Parmi les cinquante noms publiés par Mediapart, il y en a une douzaine qui n’est plus liée aux armées. Il y a une vingtaine de cas qui sont cités par Mediapart qui en l’état de nos investigations, ne révèlent pas de lien particulier avec l’ultra-droite. Ensuite, il y a une dizaine de légionnaires qui effectivement, quand ils avaient été recrutés au sein de l’armée, avaient été détectés pour des accointances avant leur recrutement avec l’ultra-droite. On les avait sévèrement mis en garde, mais la Légion étrangère offre un droit à l’oubli. Et depuis qu’ils sont entrés dans l’armée, on n’a pas détecté d’agissements répréhensifs de leur part. Enfin, il y a effectivement six à sept cas qui n’avaient pas été détectés par nos radars et qu’on est en train de regarder très précisément. Donc, très concrètement, il y a des enquêtes de commandement qui sont en cours dans les différents régiments dont ces militaires font partis. Et rapidement, on va savoir si les faits sont avérés et si c’est le cas, il y aura des sanctions très lourdes qui seront prises”, assure-t-il.

Pas de fichés S dans l'armée

La ministre avait déjà réagi à l’enquête mercredi. "Les éléments soulevés par l'enquête de Mediapart sont très graves et ont fait l'objet d'une analyse minutieuse. Toutes les idéologies néfastes, nauséabondes, révisionnistes, extrémistes, sont proscrites dans les armées", a-t-elle affirmé.

Hervé Grandjean en a remis une couche ce jeudi dans les Grandes Gueules. 

“Il y a une tolérance zéro et on mettra un soin tout particulier à instruire ces cas qui ont été révélés et à punir si les faits sont avérés”, a-t-il indiqué.

Il a également précisé qu’à sa connaissance, il n’y a pas de personnes fichées S au sein de l’armée française. “Je ne vois pas comment des fichés S pourraient intégrer l’institution militaire vu le travail qui est fait en amont”, assure-t-il. 

Guillaume Descours (avec AFP)