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"Désirs suicidaires", "état d'hallucination": le témoignage fort de Michel Onfray touché par le Covid

Le philosophe était l'invité des Grandes Gueules ce jeudi et a témoigné des formes graves du Covid-19 qu'il a vécu ces dernières semaines.

Le philosophe Michel Onfray a confié en longueur, ce jeudi dans Les Grandes Gueules sur RMC, ce qu'il a ressenti physiquement et mentalement après avoir été diagnostiqué positif au Covid-19.

Il assure avoir pensé deux fois à la mort, et révèle pour la première fois qu'il a même été jusqu'à avoir des "désirs suicidaires" durant sa maladie qui l'a clouée au lit avec de fortes fièvres.

"Il se passe quelque chose de cardiaque, je suis sorti de mon lit avec cette idée que ça va être terminé"

"On est dans un état d'hallucination, c’est un mot qui convient bien. A un moment je sens pétiller, grésiller dans mon cerveau très exactement à l'endroit où j’avais fait mon AVC. On se réveille avec cette espèce de court-circuit électrique dans le cerveau et on se dit que ça sent mauvais et que ça va repartir. Et une deuxième fois avec les douleurs de l’infarctus.
A un autre moment, je me lève d’un seul coup à 4h16, je vois mon réveil, il se passe quelque chose de cardiaque, je suis sorti de mon lit avec cette idée que je pense que ça va être terminé. Je vois mes habits au pied du lit, je m’en vais vers la salle de bains je ne sais pas trop pourquoi, et je me dis que je vais peut-être mourir.
Ca va très vite et il y a comme une bête qui pense en nous, et qui nous dit: “Tu n’es pas mort donc tu es vivant”. Une banalité de base, mais quand tu vois passer la faux à deux centimètres de sa tête, on se dit: “Non ça n’a pas l’air d’être là”. Comme si une espèce de poigne m’avait saisi le coeur, je reviens au monde. Je mets mon peignoir, je vais à mon bureau et j’ai écrit un texte pendant quatre heures non-stop. Et ça s’est arrêté comme ça."

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"J'ai appelé le Pr Raoult"

Il confie avoir appelé le Pr Didier Raoult mais explique n'avoir pas pris de traitement à bas d'hydroxychloroquine en raison de ses antécédents cardiaques.

"Je l’ai appelé. J’aurais pris de la chloroquine si ça ne m’était pas déconseillé personnellement. C’est un médicament qui, avec un passif comme le mien, peut provoquer des torsades de pointes. C’est un médicament qui peut soigner et aussi tuer ceux qui ont les problèmes que j’ai eu. Ca ne soigne pas forcément mais on sait que je pouvais risquer des torsades de pointes."

"Je me disais: ‘A quoi ressemble ma vie, rien du tout, ma vie est nulle, à quoi bon continuer?’"

Il confie également avoir eu des “désirs suicidaires” durant sa maladie alors qu'il dit ne pas du tout avoir une personnalité qui l'amménerait traditionnellement à penser à cela.

"Il y a des trucs que je n’ai pas dit. Je ne voulais pas effrayer les quelques personnes qui me sont chères. J’habitais au cinquième étage et je me disais: ‘A quoi ressemble ma vie, rien du tout, ma vie est nulle, à quoi bon continuer?’.
Je ne suis pas du tout suicidaire. Dans l'existence je ne me suis jamais trouvé requis par ce genre de pensées. Mais il y a eu ça à plusieurs reprises. Les idées sont dans la tête. On ne passe pas à l’acte. Mais j’ai pu comprendre que des gens peuvent le faire comme une espèce de bouffée délirante. C’est le délire du cerveau."

Aujourd’hui, il dit aller beaucoup mieux, avec quelques traces sur le poumon, mais rien de grave selon lui. 

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J.A.