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Doggy bag obligatoire au restaurant: "Une connerie de plus", selon Pascal Perri

A partir du 1er juillet 2021, les restaurateurs seront obligés de mettre en place un service de "doggy bag", un sac destiné aux clients qui désirent emporter leurs restes en partant.

La mise à disposition de doggy-bags, des contenants permettant aux clients de restaurants de repartir avec les restes de leur repas, sera rendue progressivement obligatoire pour lutter contre le gaspillage, en vertu d'un amendement voté dimanche à l'Assemblée.

"C'est génial, une telle avancée va faire date", a salué dans l'hémicycle le député LREM du Maine-et-Loire Mathieu Orphelin, co-signataire de la mesure, louant la mise en place, "enfin", d'un "outil intéressant pour lutter contre le gaspillage alimentaire".

L'économiste Pascal Perri ne s'est pas montré aussi optimiste ce mardi dans les Grandes Gueules. Il estime que cette mesure est contre-productive.

"Ce n’est pas notre culture, quand je vais au restaurant je termine mon assiette"

"Ce n’est pas dans notre culture, c’est une connerie de plus”, lance-t-il avec l’approbation d’Olivier Truchot. Tout ça parce qu’il y a une espèce de pression des gens… Au point de départ tu as deux trois personnes qui ont besoin de briller sur les plateaux télé. Matthieu Orphelin et quelques autres je ne veux pas tous les citer. On parle du gaspillage alimentaire, c’est vrai que c’est inquiétant car 30 % de la production agricole mondiale n’est jamais consommée, détruite avant ou après la consommation. On prend sous le coup de l’émotion ces dispositions. Ce n’est pas notre culture, quand je vais au restaurant je termine mon assiette. Et je vois les autres faire pareil."

"Ce n’est pas ça le problème", réplique Olivier Truchot. "Le problème c’est: pourquoi le rendre obligatoire ? Pourquoi imposer aux restaurateurs de nouvelles charges. On leur impose une nouvelle responsabilité alors qu’ils croulent sous les charges."

"Que de plastique que de carton en plus"

L'Union des Métiers et des Industries de l'hôtellerie (UMIH) abonde en ce sens, et a livré un communiqué lundi déplorant l'instauration de cette mesure. "En rendant cette pratique obligatoire, cet amendement va transformer l'engagement volontaire des professionnels en une nouvelle contrainte réglementaire venant s'ajouter à une liste déjà longue".

Pascal Perri apporte un dernier argument contre cette initiative, il concerne l'aspect peu écologique de cette pratique.

"Que de plastique que de carton en plus. Mais qu’est-ce que c’est que ces conneries ? On se demande où ces gens vivent ? On a toujours préféré la loi au contrat. Le contrat c’est anglo-saxon, c’est intelligent, c’est négocié.”, conclut-il.
J.A. avec les GG