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Finkielkraut: à l'école, "nous sommes aujourd'hui à l'heure du désastre"

Alain Finkielkraut, philosophe et membre de l’Académie française.

Alain Finkielkraut, philosophe et membre de l’Académie française. - François Guillot - AFP

Invité des Grandes Gueules ce jeudi sur RMC, le philosophe Alain Finkielkraut a réagi à la réforme du collège, dont le décret d'application a été publié au Journal officiel mercredi. Une décision "déplorable" pour une réforme qui passe à côté des fondamentaux, selon lui.

Alain Finkielkraut, philosophe et membre de l’Académie française, a dit tout le mal qu'il pense de la réforme du collège, ce jeudi dans les Grandes Gueules sur RMC. Qualifié de "pseudo-intellectuel" par la ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, le philosophe a d'abord réagi à la parution du décret instaurant la réforme, publiée ce mercredi. "Je trouve ça déplorable, a déclaré Alain Finkielkraut. Le gouvernement veut montrer qu'il réforme, donc au lendemain d'une manifestation - qui n'a pas fait le plein-, le décret est publié. C'est manifester à tous les intellectuels que leur opinion ne compte pas, c'est mépriser aussi les profs et les parents qui sont très inquiets".

"L'école ? Une menace où la médiocrité se répand"

Alain Finkielkraut s'est ensuite inquiété du niveau des élèves, qui ne cesse, selon lui de baisser. "Aujourd'hui l'école devient une espèce de menace où la médiocrité se répand. Quand vous voulez essayer d'y échapper si vous pensez que vos enfants méritent mieux, vous les inscrivez dans une classe bilangue. Or, on vous dit maintenant que ce n'est pas possible (les classes bilangues doivent être supprimées, NDR). Donc la réussite pour tous devient en réalité la médiocrité pour tous".

Le philosophe regrette que "l'école (vive) sous le régime de la réforme depuis 40 ans". "Les dégâts sont considérables et le niveau ne cesse de baisser. On supprime le redoublement, et peu à peu on aligne le niveau des meilleurs sur celui des plus faibles, et tout le monde y perd. A mesure que le niveau baisse, les heures consacrées aux disciplines diminuent au profit d'enseignements interdisciplinaires qui sont une vaste blague. Nous sommes aujourd'hui à l'heure du désastre".

"Le Français devient une langue étrangère"

"Le Français devient une langue étrangère, a-t-il poursuivi. Cette langue est de moins en moins bien parlée, tout le monde le constate jusque dans le premier cycle universitaire. Il ne s'agit pas seulement de l'orthographe, mais d'une syntaxe qui s'effondre complètement. C'est là-dessus qu'il faudrait faire tous les efforts, et ces efforts on ne les fait plus parce qu'il s'agit de capter l'intérêt des élèves, raison pour laquelle on ne leur enseigne plus la grammaire".

Philippe Gril avec les GG