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Hausse de 5% en 2020 des infractions à caractère raciste

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Les forces de l'ordre ont enregistré l'an passé 11.338 infractions "commises en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la prétendue race ou la religion", contre 10.796 en 2019.

Le nombre d'infractions à caractère raciste a augmenté de 5% en 2020, moins que l'année précédente, dans un contexte "particulier" de pandémie, mais ces données ne représentent qu'une "faible partie" des faits dans la réalité, a annoncé jeudi le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. 

Les forces de l'ordre ont enregistré l'an passé 11.338 infractions "commises en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la prétendue race ou la religion", contre 10.796 en 2019. 

Il y en avait eu 9328 en 2018: sur deux années, l'augmentation est de 21,5%, alors que le ministère de l'Intérieur précise que ces procédures enregistrées "ne représentent qu'une faible partie des faits 'à caractère raciste'".

Sur la période 2013-2018, "seule une victime de menaces ou violences physiques 'racistes' sur quatre et une victime d'injures 'racistes' sur vingt ont, en moyenne, déclaré avoir déposé plainte", développe le ministère.

Les étrangers principales victimes

Les infractions enregistrées l'année dernière se répartissent à part quasi égales entre crimes et délits (5.511) et contraventions (5.827). Ces dernières ont augmenté de 12% par rapport à 2019, les premières baissé de 2%. Près de 65% de ces crimes et délits sont des injures, provocations ou diffamations publiques, et elles diminuent de 7%. La majorité (59%) de ces crimes et délits ont eu lieu dans une agglomération de 200.000 habitants ou plus, et 27% du total en région parisienne. 

La plupart des victimes des crimes et délits sont des hommes (58%), âgés de 25 à 54 ans (71%). Les étrangers sont surreprésentés parmi elles: ils comptent pour 19%, quasiment trois fois plus que leur part dans la population (7%). C'est encore plus significatif pour les ressortissants d'un pays d'Afrique, qui représentent 14% des victimes mais seulement 3% de la population.

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Enfin, le ministère de l'Intérieur note que "les caractéristiques sociodémographiques des mis en cause" pour crime ou délit à caractère raciste "se distinguent nettement de celles de l'ensemble des mis en cause" pour tous types de crime ou délit. La part des femmes y est ainsi plus élevée (30% contre 17% parmi l'ensemble des mis en cause), celles des plus de 55 ans beaucoup plus (27% contre 7%), et l'âge moyen est supérieur (43 ans contre 32).

Le communiqué précise que "les confinements ont fortement influencé les conditions de dépôt de plainte, pour les victimes et les forces de sécurité", alors que certaines formes de délinquance n'ont pas pu s'exercer (...) tandis que d'autres se sont renforcées." "Les données présentées ici doivent donc être interprétées en gardant en tête ce contexte particulier" est-il ajouté.