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Ibrahim Maalouf: "Les attentats ? On ne va pas sombrer, parce que la vie continue"

Le trompettiste Ibrahim Maalouf était l'invité des Grandes Gueules sur RMC ce vendredi. Lui n'a "rien changé à ses habitudes" depuis les attentats du 13 novembre, et a exhorté les gens à continuer à vivre comme avant, "la plus belle des résistances".

C'est la première fois qu'il participait aux Grandes Gueules. Le trompettiste Ibrahim Maalouf était l'invité des GG ce vendredi sur RMC. Trois semaines après les attentats de Paris et de Saint-Denis, le 13 novembre dernier, le musicien a appelé les Français à ne pas céder à la peur et à continuer à vivre comme avant. "Les évènements ne devraient absolument rien changer à notre quotidien, c'est la meilleure chose à faire, c'est la plus belle des résistances", estime Ibrahim Malouff.

"Ne rien changer à notre quotidien"

Lui et ses musiciens n'ont d'ailleurs pas souhaité annuler de dates de concert, malgré l'horreur du Bataclan. "Nous avons absolument rien changé à nos habitudes, à nos concerts. La meilleure chose à faire c'est justement de ne pas se laisser faire par cette tentative de nous empêcher d'être heureux. Je lutte contre ça depuis que c'est arrivé". Il sera d'ailleurs en concert à la Philharmonie de Paris les 12,13 et 14 décembre, dans le cadre de sa tournée Red and Black light. Il continue d'ailleurs à donner des concerts au Liban, dans le Golfe Persique et même au Yémen, confronté à une guerre civile et autre berceau du terrorisme actuel.

"Au Liban, deux heures après un attentat les bars sont bondés"

Cette peur des attentats, Ibrahim Maalouf en a été imprégnée dès son plus jeune âge, puisqu'il est né en 1980 au Liban, alors en pleine guerre civile. "En tant que Libanais, j'ai malheureusement trop l'expérience des attentats à la bombe. Et une chose que je dis régulièrement à mes amis que je vois triste depuis ce qu'il s'est passé à Paris, c'est : 'ne vous inquiétez pas, on ne va pas sombrer, parce que la vie continue'. La vérité, c'est que ça n'affecte pas nos vies".

Le musicien invite les Français à prendre exemple sur les Libanais, toujours encore régulièrement confrontés à des attentats. "Au Liban, quand une bombe explose dans une rue, deux heures après les bars sont bondés de monde, les gens sortent. Quand on se sent en danger, qu'on sent qu'on va mourir on vit d'autant plus. S'il y a une chose qui peut donner de l'espoir - si tant est que l'on puisse dire qu'il y a quelque chose de positif dans tout ça, c'est de dire que l'on va vivre avec une conscience de la vie qui est plus importante". "

"Quand les gens viennent à mes concerts, ça m'est égal qu'ils soient du FN"

Preuve que la vie continue, la campagne des régionales, dont le premier tour a lieu ce dimanche, est repartie de plus belle cette semaine. Ibrahim Maalouf ira d'ailleurs voter dimanche. "Si je vais voter c'est parce que je me sens Français, et si je ne le fais pas c'est une forme de non-assistance à identité en danger!", déclare-t-il, critiquant la tentative de récupération des attentats qu'opèrent selon lui certains politiques, mettant en cause "la multi-culturalité".

Même si ses parents étaient des "communistes-idéalistes", Ibrahim Maalouf n'a pas souhaité dire pour qui il allait voter. D'ailleurs, il ne se veut pas militant du tout. "Quand les gens viennent à mes concerts, ça m'est complètement égal qu'ils soient du Front National ou autre. Quel que soit leur croyance religieuse, leurs opinions politiques ou leur avis sur quoi que ce soit, ce qui compte c'est que l'on soit tous ensemble en train de partager". Prochain partage avec Ibrahim Maalouf, le 11 décembre à Reims.

Philippe Gril avec les GG