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"Islamo-gauchisme": fantasme ou réalité? Mohamed Sifaoui s'explique sur RMC

Pour Mohamed Sifaoui, l'islamo-gauchisme est bien une réalité et  viendrait de la connivence entre certains politiques de gauche allié par "cynisme et dogmatisme" avec des islamistes qui y verraient le moyen de poursuivre leurs objectifs politiques.

Le terme "islamo-gauchisme" n'est plus l'adage que de l'extrême-droite. Utilisé par Frédérique Vidal la ministre de l'enseignement supérieur et repris par la droite et la République en Marche, le mot a cristalisé les tensions. Et ce n'est pas fini.

Ce vendredi, c'est Mohamed Sifaoui, invité des "Grandes Gueules" qui est revenu sur le terme qu'il juge bien réel tandis que d'autres évoquent un mythe de l'extrême-droite.

Et pour l'écrivain franco-algérien, le terme est assez facile à définir:

"L’islamo-gauchisme c’est la convergence entre des milieux de gauche, souvent trostkiste et des milieux islamistes. Des gens de gauche, par cynisme et dogmatisme ont décidé de faire alliance avec l’Islam politique. D’un autre côté des islamistes ont choisi de faire alliance avec certains gauchistes qui les acceptaient pour atteindre leurs objectifs".

Et de citer à titre d'exemple, l’Egypte de 1952 et une alliance entre politiques de gauche et islamistes pour renverser le roi Farouk.

Un islamo-gauchisme qui se manifesterait aujourd’hui, selon lui, dans les médias, dans les partis politiques et dans plusieurs universités, accompagné d’une "matrice victimaire". 

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"Aucune réalité à l’université"

Mais pour Pap Ndiaye, le directeur général du Musée national de l'immigration, le terme ne désignerait "aucune réalité à l’université".

"Cela stigmatise certaines recherches, des travaux sur l'intersectionnalité, une manière de croiser des approches antiracistes et antisexistes. Cela, ce sont des recherches importantes qui irriguent la recherche internationale. Ce serait catastrophique de les mettre à l’index", déplorait-il sur France Info en février dernier.

"Il y a aujourd’hui une minorité militante qui se cache derrière un titre universitaire pour venir asséner une pseudoscience et tromper ainsi l’opinion publique et les médias. Il faut donc être extrêmement vigilant sur qui dit quoi et d’où", défendait comme en réponse ce vendredi Mohamed Sifaoui.

Mais alors pourquoi une partie de la gauche épouserait les thèses islamistes? Sûrement car "dépressive" après ne pas avoir réussi à atteindre ses objectifs, estime l'écrivain sans donner plus de précision.

"Moi je suis traité d’islamo-gauchiste 40.000 fois par jour. Le problème c’est que ce mot ne veut tellement rien dire que si je parle avec une femme voilée, on me renvoie à ça", note Etienne Liebig. "Ce n’est pas parce que l’extrême-droite va instrumentaliser un terme qu’il ne faut plus l’utiliser", lui répond en guise de conclusion Mohamed Sifaoui.

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La rédaction de RMC