RMC

"Je m'insurge contre ceux qui disent que Didier Raoult est un escroc, un fou", lance Patrick Pelloux

L'urgentiste Patrick Pelloux a défendu le Professeur Didier Raoult de l'IHU de Marseille ce mercredi dans Les Grandes Gueules. Il demande également de tester la chloroquine sur les résidents d'EHPAD atteints.

Espoirs de traitement, débats houleux et polémiques disproportionnées... Les disputes autour de la chloroquine, molécule dont le professeur Didier Raoult assure qu'elle pourrait être efficace dans la lutte contre le coronavirus, se multiplient ces dernières semaines.

Le débat sur l'utilisation de l'hydroxychloroquine mobilise jusqu'au président américain Donald Trump qui y a vu un possible "don du ciel". Le professeur Raoult a publié deux études confirmant selon lui "l'efficacité" de ce traitement, mais dont la méthodologie est critiquée par de nombreux spécialistes.

"C'est quelqu'un qui a une des bases les plus importantes de recherche sur les maladies infectieuses en France"

"Il ne faut pas faire croire que quelqu'un a le médicament miracle. Ce ne sont d'ailleurs pas les propos du Professeur Raoult", nuance l'urgentiste Patrick Pelloux qui a profité de son passage ce mercredi dans Les Grandes Gueules sur RMC pour défendre l'épidémiologiste controversé. 

"Je m'insurge contre ceux qui disent que c'est un escroc, un fou. Non, c'est quelqu'un qui a un raisonnement scientifique, qui a une des bases de recherche les plus importantes sur les maladies infectieuses en France. Donc ce n'est pas le perdreau de l'année.
Ses études ne valident pas tous les processus de validation universitaire, mais ceux qui ont inventé des médicaments au XIXe siècle n'auraient peut-être pas validé toutes leurs études. La chloroquine on connaît depuis des années. Son idée tient a priori la route au vu des études qu'il a sorti, en prévention et pour traiter des gens potentiellement malades."

"On ne peut pas faire grand chose pour les personnes dans les EHPAD, donnons-leur, vérifions si ça marche"

L'idée de Patrick Pelloux pour avancer dans la course aux traitements serait d'utiliser cette molécule sur des résidents d'EHPAD.

"Ce que je dis c'est qu'on ne peut pas faire grand chose pour les personnes dans les EHPAD, faisons des dépistages et donnons-leur. vérifions si ça marche, et là, nous avons un véritable modèle.
Une grande étude a été lancée pour les traitements du coronavirus. L'impatience de la France est légitime, elle se retourne vers les médecins, dont je suis, vers les hospitalo-universitaires, dont je ne suis pas. Et la France voit un pugilat d'universitaires qui s'envoient des noms d'oiseaux sans respecter les idées des uns et des autres. Je trouve que le monde hospitalo-universitaire donne une image assez pitoyable." 
J.A.