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Jean-Michel Jarre s'inquiète des confinements: "Il se pourrait qu'une grosse partie de la Culture finisse par travailler chez Uber"

Le musicien était l'invité du Grand Oral des Grandes Gueules. Même s'il relativise, le célèbre producteur n'a pas caché son inquiétude face au monde culturel, très touché par les conséquences de la pandémie.

Depuis le début de la pandémie et du tout premier confinement qui a mis la France à l’arrêt, le monde de la culture a été violemment touché. Comme tant d’autres professions. 

Aujourd’hui, alors qu’un troisième confinement est envisagé par le gouvernement, le monde de la culture est toujours à l’arrêt. Invité des Grandes Gueules sur RMC, Jean-Michel Jarre dit ne pas avoir un avis tranché sur la question.

"C’est compliqué. Déjà, il faut regarder ce qu’il se passe ailleurs. En Angleterre par exemple, pas très loin de chez nous, le gouvernement a quand même dit aux artistes: "Si vous ne pouvez pas vivre de votre métier, changez-en". On est quand même très, très loin de ça en France. Brexit ou pas Brexit, on a des idées très différentes sur la Culture".

"Si on ne fait pas attention à elle, il y aura une grosse partie de la population culturelle qui ira travailler chez Uber"

Il ne faut pas pour autant croire que tout va bien en France. 

"Mais c’est vrai que, en même temps, si on ne fait pas attention à elle, il y aura une grosse partie de la population culturelle qui ira travailler chez Uber".

L’auteur-compositeur-interprète ne veut donc pas pour autant masquer son inquiétude vis-à-vis de ses collègues de profession. Il appelle à tourner une page pour basculer vers un monde plus actuel, celui du digital.

"Je pense que c’est à nous aussi de changer de paradigme: une émission de télévision, un journal, un film, un disque, ce n’est pas parce qu’il est dans le monde numérique qu’il perd de sa valeur. Il y a autant de valeur que de prendre un journal au kiosque que de le prendre sur le digital. C’est quelque chose que l’on doit accepter de payer".

Il y a deux semaines sur RMC, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot avait rappelé que l'État "ne laissera tomber personne. Il faut aider tout le monde de la culture" avait-elle assuré face à Jean-Jacques Bourdin.

Maxime Trouleau