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Jihadistes français condamnés à mort: "Il faut sortir du domaine de l'émotion"

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Les 11 Français jugés depuis fin mai en Irak, après leur transfèrement de Syrie, ont été condamnés à mort pour "appartenance au groupe Etat islamique". Des pénalistes français dénoncent la procédure irakienne.

Le ton est monté ce mardi dans les GG. L'avocat des GG Gilles-William Goldnadel fait peu de cas de la condamnation à mort des jihadistes français. "Je ne donne pas ma pitié aux méchants", a-t-il déclaré paraphrasant une phrase du Talmud.

Onze Français ont été condamnés à mort par le tribunal antiterroriste de Bagdad pour "appartenance à l'Etat Islamique". Dans une tribune, plus de 40 avocats français estiment que le pays s'expose à un "immense déshonneur" qui pourrait laisser "une tache indélébile" sur le mandat d'Emmanuel Macron.

"Est-ce qu'on ne peut pas réfléchir et dire que ce n'est pas normal que des Français soient condamnés à mort?"

Les signataires rappellent aussi que l'association française des victimes du terrorisme a "marqué son hostilité contre la peine de mort", et ajoutent que l'article de la Constitution interdisant la peine de mort "ne souffre d'aucune dérogation, pas même en matière de terrorisme".

Pour Etienne Liebig, il faut réfléchir au-delà de ses émotions: "Ça n'empêche personne de dormir en France l'idée que ces enfoirés vont être tués. On s'en fout. Il y a la question que l'on ressent soi-même personnellement et un positionnement idéologique voire éthique. En France, nous avons supprimé la peine de mort, est-ce qu'on ne peut pas réfléchir et dire que ce n'est pas normal que des Français soient condamnés à mort? On a le droit de se poser la question. Il faut sortir du domaine de l'émotion".

Paulina Benavente