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Julien Lepers sur son licenciement: "Je n'ai pu dire ni au revoir, ni merci, ni pourquoi. Rien du tout"

Après 28 ans de bons et loyaux services, Julien Lepers a été remercié par la patronne de France 3, Delphine Ernotte. L’animateur n’oubliera jamais cette date du 3 décembre 2015 où il apprend qu’il ne présentera plus jamais Questions pour un champion. Un licenciement qu’il a toujours du mal à digérer. Un peu moins d'un an après, il publie Je suis animateur (Flammarion) dans lequel il balance tout sur son éviction.

"J'étais là depuis le premier jour. Mais c'est pour mettre un point final à toute cette histoire que j'ai voulu l'écrire, le coucher noir sur blanc dans un livre. Pour que les gens qui s'intéressent à ça, qui l'ont vécu avec moi, avec lesquels j'ai vécu pendant si longtemps, sachent exactement ce qu'il s'est passé. Car nous sommes sur une télévision de service public, au service du public et que donc cette télévision appartient à tout le monde.

Le dernier jour, ma dernière émission, le 20 février dernier, nous sommes à 2,2 millions de téléspectateurs, à 18h00. C'est énorme. Et je suis dehors du jour au lendemain tout simplement parce que nous avons une nouvelle patronne, Delphine Ernotte, brillante patronne de France Télévisions, qui décide qu'il faut me virer, qu'il faut rajeunir la chaîne. Tout ça n'a ni queue, ni tête. Mais le malheur est que l'audience n'est pas au rendez-vous. C'est ça qui est dommage.

"Je comprends que l'on m'a eu"

En plus de ça, je n'ai même pas pu dire au revoir aux gens avec lesquels j'ai vécu pendant 28 ans. Je n'ai pu dire ni au revoir, ni merci, ni pourquoi. Rien du tout. D'une seconde à l'autre, d'une heure à l'autre, je me retrouve dehors. Et ça, sans aucun signe avant-coureur. Je vais même à une réunion où tout le monde le sait sauf moi. Donc on me l'apprend et je comprends, en même temps que je n'ai pas dire au revoir aux gens, que c'est trop tard, que l'on m'a eu.

Je comprends dans la même seconde que parmi mon équipe de 50 personnes, il y en avait trois-quatre-cinq. Et ils le savaient et ce depuis un mois et demi puisqu'ils préparaient des castings d'animateur pour me remplacer. L'addition de tous ces couteaux-là dans le dos fait que j'ai eu très, très, très mal. Mais il faut pardonner. Pardonner, oui. Oublier, non."

M.R avec Les Grandes Gueules