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"L'Education nationale doit se regarder en face": pourquoi fait-on plus de fautes d'orthographe?

A qui la faute? Les Grandes Gueules sont revenues ce mercredi sur le sujet des fautes d'orthographe.

Le quotidien Ouest-France a rouvert un débat ce mercredi: faut-il vraiment faire la chasse aux fautes d'orthographe? La question interroge beaucoup de parents, de familles, que ce soit à l'école, au travail, chez les jeunes ou moins jeunes.

Pas besoin de beaucoup d'études pour se rendre compte que le niveau d'orthographe et l'exigence générale sur les fautes a baissé ces vingt dernières années notamment avec l'arrivée d'Internet qui a transformé notre façon d'écrire.

Mais faut-il vraiment imputer aux réseaux sociaux et textos cette évolution de notre langage ? Les Grandes Gueules en ont discuté ce mercredi matin sur RMC.

PODCAST >>> Réécoutez ici le passage des Grandes Gueules consacré à l'orthographe

L'avis des GG

Marie-Anne Soubré (avocate): "Mes enfants font peu de fautes. J'ai eu cette chance. Une institutrice a fait apprendre à ma fille des listes de mots, j'ai trouvé ça étrangère, et finalement c'était très bien. Les fautes d'aujourd'hui sont peut-être aussi des fautes d'apprentissage. On a trop voulu être un peu laxistes dans l'apprentissage."

David Dickens (directeur marketing): "Les fautes élémentaires disent énormément de la personne. Quand je reçois une candidature truffée de fautes d'orthographe ça va directement à la poubelle. Ou quand je reçois un "ça va" écrit "sa va", je ne pense pas être le seul à émettre un jugement sur la personne qui me l'envoie !"

Barbara Lefèvre (enseignante): "C'est peut-être qu'au niveau de l'Education nationale on a cessé d'être exigeants au niveau de l'orthographe. La vraie discrimination est d'avoir nivelé par le bas. Ma fille c'est moi qui suis obligée de lui faire faire des dictées ! A part le CM1 elles n'en ont jamais fait. On ne revient toujours pas sur les fondamentaux malgré les annonces.

Ces efforts doivent être faits dans les classes populaires. Nos grands parents venaient souvent de milieux populaires et ne faisaient pas une faute. C'est vraiment à l'école qu'il y a un problème. Mettre ça sur le dos des textos, des réseaux, c'est trop facile. L'Education nationale doit se regarder en face. Les enseignants doivent être mieux formés et arrêter de penser que faire des dictées c'est discriminant envers les élèves."

J.A.