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L’Etat condamné à verser 500 euros à Salah Abdeslam: "Il est normal que la justice fasse son travail"

Etienne Liebig sur le plateau des GG le 09/07/2019

Etienne Liebig sur le plateau des GG le 09/07/2019 - Capture d'écran RMC Découverte

La justice a estimé que l'Etat français n'avait pas le droit de placer Salah Abdeslam dans une cellule sous vidéo surveillance jour et nuit.

Si l’information avait été révélée en avril dans un livre consacré à l’avocat de Salah Abdeslam, elle n’a été reprise que ce dimanche par les médias dans le sillage du Figaro. En 2017, l’Etat français a été condamné à verser 500 euros au dernier survivant du commando terroriste du 13 novembre - qui les a refusé.

Très vite, la décision à fait réagir. Le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a fustigé une décision honteuse, tandis que le conseiller départemental des Alpes-Maritimes Eric Ciotti s'est dit "offusqué" par cette décision, ajoutant que l'Etat ne devait rien "aux barbares islamistes".

"Il faut dépasser l'émotion et le symbole"

Même son de cloche sur le plateau des "Grandes Gueules", où Zohra Bitan s'est demandé si Salah Abdeslam "ne voulait pas aussi un mars, un 5 étoiles ou un lit king size?". Plus dur encore, Maxime Lledo a estimé qu'"au nom des droits de l'Homme, la justice finira par nous tuer nous, concitoyens!". Seul Etienne Liebig a estimé que la justice avait fait son travail.

"Ça nous choque parce que ce type est directement responsable de la mort de nos concitoyens. Mais il est normal que la justice fasse son travail (...) Il faut dépasser l'émotion et le symbole", a-t-il assuré.

"La plupart des gens en prison ne sont pas des diables et souvent les conditions de vie en prison sont à la limite inhumaines", a ajouté l'éducateur.

Sous vidéo-surveillance jour et nuit

Arrêté à Bruxelles en mars 2016, Salah Abdeslam avait été transféré à la prison de Fleury-Mérogis. Le ministre de la justice de l’époque Jean-Jacques Urvoas avait alors pris un arrêté "portant création de traitement de données à caractère personnel relatifs à la vidéo protection de cellules de détention", explique Le Figaro, permettant ainsi le placement sous vidéo-surveillance jour et nuit du détenu, et ce pour une période de trois mois renouvelables.

L’avocat du terroriste présumé avait alors demandé la suspension de cette mesure, arguant d’une "atteinte grave et manifestement illégale à sa vie privée". Après deux refus de la justice, le tribunal administratif de Versailles avait décidé d’annuler l’arrêté du garde des sceaux.

Guillaume Dussourt