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La France insoumise "à la croisée des chemins" après la "douche froide" selon Clémentine Autain

La députée de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis insiste et a de nouveau demandé ce lundi dans Les Grandes Gueules un changement de cap au sein de La France insoumise après le score famélique de sa formation aux européennes.

Clémentine Autain a fait savoir très vite après la déroute de La France insoumise aux élections européennes qu’elle militait pour un changement radical dans les rangs de la gauche de la gauche. Sans demander la tête du leader du parti, Jean-Luc Mélenchon, la députée demande un nouveau positionnement du parti et cause des remous dans les rangs de LFI

Invitée des Grandes Gueules sur RMC ce lundi, Clémentine Autain confirme ses envies de "big bang de la gauche", et estime que le parti doit faire son introspection avant les échéances électorales de 2020 et 2022.

"On a axé sur des polémiques, sur du ressentiment et pas de l'espérance et on n'a pas réussi à fédérer"

"Il y a un enjeu interne, qui ne passionne pas les foules mais qui est important, surtout dans un mouvement qui prône la 6e République, c’est que les modalités de la délibération collective ne sont pas suffisantes pour garantir le pluralisme et faire en sorte qu’on ait un mouvement vivant qui permette à chacun de peser", détaille-t-elle.

La députée a signé un texte avec 40 cadres du mouvement, dont Charlotte Girard, une des rédactrices du programme de La France insoumise qui a quitté le mouvement la semaine dernière, pour pointer ces dysfonctionnements internes.

La défaite aux européennes a donc laissé des traces. Ce résultat serait la conséquence de plusieurs années de dérive selon l’élue nationale. Elle estime que son mouvement est “à la croisée des chemins” après un “score douloureux” qui prend des airs de “douche froide”.

"J’enrage… Le problème c’est que c’est la réaction qui a masqué le problème de la perquisition"

Pour la députée, l’épisode de la perquisition a “évidemment” pesé dans la balance de cette chute du score par rapport à la présidentielle et elle juge que LFI doit se faire entendre sur un projet et ne pas seulement réagir à des polémiques.

"J’enrage… Le problème c’est que c’est la réaction qui a masqué le problème de la perquisition. Parce que la perquisition en démocratie s’est faite comme si nous étions même plus un parti politique mais un organisme terroriste.
La colère était légitime mais c’est vrai que le style très viril très agressif des images a empêché de discuter du fond, qu’en 'macronie' il est possible de perquisitionner comme ça un parti d'opposition. Sur l’orientation, on a axé sur des polémiques, sur du ressentiment et pas de l'espérance et on n'a pas réussi à fédérer."
James Abbott