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Le Guen (PS): "Le vote FN ? Les gens ont aussi leur responsabilité quand ils font des conneries"

Jean-Marie Le Guen, ce vendredi dans les Grandes Gueules.

Jean-Marie Le Guen, ce vendredi dans les Grandes Gueules. - RMC

Invité ce vendredi des Grandes Gueules sur RMC, Jean-Marie Le Guen, a rejeté les accusations selon lesquels les politiques, de gauche, comme de droite, seraient responsables de la montée du Front National.

Il en a marre, Jean-Marie Le Guen. Marre d'entendre que les politiques de gauche, comme de droite d'ailleurs, sont responsables de l'explosion du vote Front National, dont les candidats sont arrivés en tête dans six régions au soir du premier tour des régionales, dimanche dernier. Invité ce vendredi des Grandes Gueules sur RMC, le secrétaire d’État en charge des Relations avec le Parlement a assuré que le gouvernement et les dirigeants socialistes se remettaient en question après les (mauvais) résultats de dimanche, promettant qu'un bilan serait fait au lendemain du second tour, qui aura lieu ce dimanche 13 décembre.

"Le vote FN est aussi un vote d'adhésion"

"On a notre part de responsabilité comme les autres (dans la montée du vote FN), on a des manques", reconnaît d'abord Jean-Marie Le Guen. "Mais on a aussi des gens qui votent Front National parce qu'ils sont d'accord avec les idées du FN. On n'est pas obligés de voter FN pour exprimer son désaccord avec nous", rappelle le socialiste, citant les listes Front de Gauche, écologistes, et même de droite. Pour Jean-Marie Le Guen, le vote FN "est aussi un vote d'adhésion".

"Dans notre société, à mon avis à tort, il y a des gens qui pensent que l'on a des raisons d'être xénophobes, qu'on doit quitter l'Europe, et que ça ne gêne pas que les dirigeants du FN soient racistes. On n'est pas parfait à gauche, mais je ne porte pas la responsabilité des électeurs du FN (…). S'il y a des gens qui sont en rupture de la société, c'est en partie de notre faute, mais laissons aussi les gens avoir leur propre responsabilité quand ils font des énormes conneries".

"Mme Pécresse court après l'extrême-droite"

En tout cas, la percée du FN crispe les relations déjà tendues entre le PS et Les Républicains. A l'image de la polémique qui a suivi les propos mercredi soir de Claude Bartolone, tête de liste PS en Ile-de-France, contre sa rivale Valérie Pécresse, l'accusant de faire la "danse du ventre aux électeurs du FN, à grands coups de 'race blanche'". Des propos qui ont provoqué un tollé jusque chez les alliés Verts de Claude Bartolone, et qualifiés "d'abjects" par l'intéressée, qui a annoncé qu'elle allait porter plainte.

Une polémique que Jean-Marie Le Guen a tenté de minimiser sur RMC. "C'est une polémique comme il en existe dans les campagnes électorales", a-t-il jugé, avant de défendre son champion. "Claude Bartolone a voulu tout simplement aussi démontrer qu'il y avait ambiguïté, après notamment le discours de Sarkozy qui a dit lundi soir cette phrase absolument incroyable selon lequel il n'y avait aucune faute morale à voter pour les idées du Front national. Voilà".

"Mme Pécresse, c'est vrai, tout au long de cette campagne, n'a cessé de faire du pied à certaines forces qui se retrouvent à l'extrême-droite, dont la Manif pour Tous. Ce n'est même pas forcément sa vraie nature, mais elle participe de ce que fait un certain nombre de gens à droite aujourd'hui, à savoir courir après l'extrême-droite et c'est dommageable. En tout état de cause, c'est critiquable, et ça a été critiqué par Claude Bartolone". En clair, pour Jean-Marie Le Guen, il n'y a pas de quoi en faire un fromage, même si Claude Bartolone a raison.

Philippe Gril avec les GG.