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Médine au Bataclan: Bruno Julliard comprend que ça choque, mais est opposé à son interdiction

Le premier adjoint à la maire de Paris, chargé des affaires culturelles, a réagi ce mardi dans Les Grandes Gueules à la polémique entourant la programmation du rappeur Médine au Bataclan.

Le rappeur Médine est la cible depuis plusieurs jours d'une polémique entourant l'un de ses concerts à venir. Il doit se produire au Bataclan en octobre prochain, et sa venue suscite la controverse et des demandes d'interdiction en raison d'anciennes chansons comme "Don't Laïk" ou "Jihad". Il a contre-attaqué lundi, accusant l'extrême droite de chercher à "limiter la liberté d'expression".

Alors que défenseurs et détracteurs du rappeur se déchirent , le premier adjoint à la maire de Paris, Bruno Julliard, est en charge des affaires culturelles de la capitale assure qu'au niveau du droit il n'y a aucune raison de demander une annulation.

"Il n’y a pas de raisons juridiques à interdire le concert"

"C’est évidemment un sujet très compliqué. Il y a deux approches différentes. Il y a d’abord une approche de droit, et dans un contexte politique culturel complexe comme l’est notre pays, je crois qu’il faut d’abord s’en référer au droit et il n’y a pas de raisons juridiques à interdire le concert. Je ne suis donc pas favorable à l’interdiction du concert."

Néanmoins, l'ancien leader de l'Unef vient nuancer son propos et estime que sur un plan moral la venue du rappeur n'était pas une bonne idée.

"Je trouve que l’idée n’est pas bonne, je ne l’apprécie pas, je n’irai pas à ce concert"

"Après, il y a une question morale et d’opportunité. Tout ce qui peut perturber ou porter atteinte au deuil des victimes ou encore choquer les rescapés, je crois que c’est à bannir, à proscrire. Je trouve que l’idée n’est pas bonne, je ne l’apprécie pas, je n’irai pas à ce concert. Mais je ne suis quand même pas favorable à son interdiction. A ma connaissance, malgré des textes qui sont contestables, il n’a pas enfreint la loi et ce doit être, dans une République garante des libertés, notre règle."

Cette polémique lancée par la droite conservatrice, l'extrême droite, et certaines victimes du Bataclan, n'est elle pas tout simplement une erreur des programmateurs de la salle qui auraient pu anticiper cette polémique ?

La responsabilité, de mon point de vue, vient plus de l’artiste que des programmateurs

"Plus que les programmateurs je pense que c’est l’artiste lui-même. Au delà des extraits choquants qui ont été diffusés et montés en épingle, j’ai compris que la pensée du rappeur est plus complexe que cela et heureusement moins caricaturale que ce qu’il est est ressorti. Il n’en demeure pas moins que ça m’apparaît dès le début assez évident que ça allait faire polémique. Je pense qu’on aurait pu l’éviter. La responsabilité, de mon point de vue, vient plus de l’artiste que des programmateurs."
James Abbott avec les GG