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"Nous craignons ce déconfinement": le professeur Rémi Salomon s'inquiète de l'après 11 mai

Invité des "Grandes Orales", le médecin redoute notamment une circulation beaucoup plus rapide et un nouvel engorgement des services de réanimation.

La date du déconfinement approche. Le Premier ministre, Edouard Philippe doit d’ailleurs présenté à 15 heures ce mardi, le plan de déconfinement qui commencera le 11 mai. 

S’il le juge nécessaire notamment d’un point de vue économique, certains médecins disent tout de même craindre cette période post-confinement. En effet, alors que les Français sont chez eux depuis à présent 40 jours, la circulation du coronavirus a fortement baissé. 

“Nous craignons ce déconfinement. Nous savons qu’il est nécessaire parce qu’on ne peut pas laisser les gens enfermés pour longtemps. On ne peut pas laisser l’économie à l’arrêt trop longtemps. Donc, inévitablement, il faut le faire. Mais il faut le faire avec beaucoup de prudence. Si on ne prend pas le maximum de précaution, pour que le virus ne circule pas beaucoup plus vite, et bien nous allons à nouveau avoir des réanimations qui vont se remplir, des personnels soignants qui vont s’épuiser. Je ne sais pas comment on va faire d’ailleurs parce que le personnel soignant est un peu au bout du rouleau dans les équipes de réanimation. Le risque si ça repart trop vite, on pourrait être obligé de remettre tout le monde à la maison le 30 juin ou le 15 juillet et de repartir comme au mois d’avril”, explique le Professeur Rémi Salomon, pédiatre à l’hôpital Necker à Paris. 

Responsabilité individuelle

Comme pour le confinement qu’il juge être “une réussite”, il en appelle à la responsabilité de chacun. “Il faut faire attention sinon on va faire un grand retour en arrière et on va être obligé de se confiner à nouveau. Le virus, il faut qu’il circule doucement. Et ça dépendra de comment on se comporte”, indique-t-il.

Rémi Salomon s’est également dit opposé à obliger une partie de la population à rester confiné. 

“Ce serait trop simple de dire que tel et tel personne vous restez à la maison parce que vous êtes des personnes à risque et vous vous pouvez y aller parce que vous ne l’êtes pas”, précise-t-il. 

Il rappelle par ailleurs que dans les services de réanimations, tous les patients ne sont pas des personnes à risque ou âgées.

Guillaume Descours