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On a 5 millions de fantômes qui bénéficient de l'aide sociale en France

Le magistrat Charles Prats était l’invité des Grandes Gueules ce vendredi pour évoquer le sujet de la fraude aux prestations sociales.

Objet de fantasmes et de controverses, le montant de la fraude sociale demeure officiellement incalculable. Après un rapport parlementaire qui a conclu fin 2019 à l'"impossibilité matérielle" de faire le calcul précis, le Sénat avait commandé une enquête sur le sujet à la Cour des comptes. Les magistrats financiers sont arrivés à la même conclusion.

"Il y a des réseaux criminels qui s'organisent (...) La fraude sociale sociale n'est pas une fraude de pauvres", expliquait à notre micro Pascal Brindeau, rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur la fraude aux prestations sociales. Lui estime que le montant total de la fraude oscillerait entre 14 et 45 milliards d’euros chaque année.

Le montant de la fraude aux finances publiques largement supérieur à celui du trafic de drogue?

Le magistrat Charles Prats était l’invité des Grandes Gueules ce vendredi pour évoquer ce sujet à l’occasion de la sortie de son livre intitulé “Cartel des fraudes”. Il assure pour illustrer l’ampleur du phénomène que le montant de la fraude aux finances publiques, sociale ou fiscale, est largement supérieur à celui du trafic de drogue en France.

“Il y a eu une commission d’enquête parlementaire (sur le sujet). (...) On a 5 millions au moins de fantômes qui bénéficient de prestations sociales alors qu’il ne sont pas censés exister. Le 8 septembre la Cour des comptes a publié un rapport et nous montre qu’on même au delà.”

Charles Prats montre même l’exemple d’un djihadiste belge qui s’est inscrit en France en 2015 avec des faux documents, parti faire le djihad en touchant des allocations.

“Ce n’est pas le seul!”, assure Charles Prats. “Les services français travaillent sur des jihadistes français partis en Syrie et qui continuent à percevoir des allocations. On a en a stoppé plusieurs centaines. On n'a pas forcément pensé à travailler sur les ressortissants étrangers qui pouvaient faire la même chose.”

Pourquoi peu de choses sont faites en réponse à ce problème ? Le magistrat estime que les principaux concernés évitent le sujet au maximum.

“Il faut poser la question aux autorités politiques et aux organismes en charge.”
J.A.