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"On a appris qu'on devait fermer par hasard": le désarroi d'un restaurateur qui venait d'ouvrir en janvier

De la lumière à l'ombre en quelques mois. Philippe, restaurateur à Lille, est touché de plein fouet par la crise économique liée à l'épidémie de coronavirus alors qu'il venait de lancer son affaire. Il reproche aux décisionnaires de ne pas connaître "la réalité du terrain".

Philippe est restaurateur à Lille. Et il souffre, comme de nombreux autres collègues de ce secteur touché de plein fouet économiquement par les conséquences de l'épidémie de coronavirus qui a tué plus de 4.000 personnes en France.

D'autant que Philippe vient d'ouvrir son affaire en janvier. Une dynamique d'ouverture cassée en quelques mots lus sur les réseaux sociaux le soir des annonces du Premier ministre sur la fermetures de tous les lieux publics hors magasins de première nécessité. Il a dû placer ses employés au chômage partiel, comme quatre autres millions de Français le sont en ce moment.

"J’ai repris une affaire au début du mois de janvier à Lille. Gros coup d’arrêt, on était sur une belle dynamique. On a appris ça par hasard sur les réseaux sociaux ce fameux samedi soir. C’est quand même fou. Ils auraient quand pu être un peu plus prévoyants. On avait passé des commandes. On a donné ce qu’on pouvait mais il y a eu beaucoup de gâchis. On a mis tout le monde au chômage partiel."

"On n’a rien du tout, les aides c’est même pas la peine d’y compter. On doit payer le loyer"

Il nourrit de grandes inquiétudes et la perspective d'un déconfinement ne le rassure pas plus. Edouard Philippe a en effet jugé "probable" que le déconfinement en France ne se fasse pas "en une fois, partout et pour tout le monde", en espérant pouvoir présenter une ébauche de stratégie "dans les jours, la semaine qui viennent".

"On n’a rien du tout, les aides c’est même pas la peine d’y compter. On doit payer le loyer, c’est un particulier donc il ne veut pas le reporter. On avait pris nos précautions dès le départ avec un peu de trésorerie, donc on tient avec. Mais il ne faudrait pas que ça dure plus d’un mois et demi. Le confinement est inquiétant mais le déconfinement encore plus! On a peur que tout ça s’éternise."

Philippe juge les mesures actuelles insuffisantes, et estime que le gouvernement devrait en faire plus pour venir en aide aux entrepreneurs qui sont dans le même cas que lui.

"Ce ne sont pas des gens de terrain, les mesures sont basées sur des théories, et la réalité du terrain ils ne la connaissent pas."

L’avis d’Olivier Truchot dans Les GG: “L’Etat n’en fait pas assez, il faut mettre le cash sur la table!”

"Au regard des témoignages que l’on a, notamment de ce qu’il se passe dans les PME, je trouve que l’Etat n’en fait pas assez. Je ne comprends pas, je veux dire qu’à un moment donné il ne faut pas hésiter. Il faut mettre le cash sur la table, il faut payer les loyers, il faut tout donner. Parce que ça coûtera plus cher sinon, la casse sociale coûte toujours plus cher et on met des années à remettre les gens au travail, à relancer l’activité. Je ne comprends pas, je trouve que ce gouvernement parle beaucoup, mais on est à la traîne sur ça. (...) Il faut vraiment qu’on sorte de la technostructure et de la bureaucratie il faut y aller là !" (en vidéo ci-dessous)

J.A.