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"On va être confronté à une équation à plusieurs inconnues": les doutes des proviseurs sur la reprise des cours le 11 mai

La reprise doit être progressive et en nombre limité, mais pour Philippe Vincent, proviseur d’un lycée marseillais, des précisions sur le dispositif sont encore nécessaires.

La reprise des cours pour les élèves du primaire et du secondaire doit se faire à partir du 11 mai. Mardi, le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a présenté les grandes lignes de cette reprise qui inquiète certains. Les premiers à faire leur retour à l'école seront les élèves de grandes sections, de CP et de CM2. Puis en deuxième semaine, les 6ème, les 3ème, les premières et les terminales. Puis tous les élèves la troisième semaine. Le ministre a également évoqué la possibilité de classes réduites à 15 élèves. 

Malgré tout, beaucoup d’enseignants et proviseurs attendent encore des précisions sur le dispositif. 

“On va être confronté à une équation à plusieurs inconnues. On est un peu comme un patineur artistique, d’habitude on a beaucoup de figures imposés, là on nous impose des figures libres. C’est un peu plus casse-gueule”, explique Philippe Vincent, proviseur d’un lycée à Marseille et secrétaire général du SNPDEN. 

Une reprise inévitable

Il indique que son syndicat avait fixé trois principes pour une reprise, dont en premier lieu, un dispositif de sécurité clair. 

“D’abord, il faut sécuriser le dispositif. Il faut qu’on le connaisse d’ici trois semaines pour qu’il y est une forme de confiance qui s’installe. On voulait aussi le caractère progressif. On voit qu’on va devoir démarrer petit à petit et qu’il faut y aller étape par étape. Alors c’est pour un temps relativement court de quelques semaines parce que les vacances d’été vont arriver assez vite. Donc il ne faut pas non plus qu’on se lance dans un dispositif ultra-compliqué pour gérer des effectifs réduits”, affirme-t-il. 

Selon lui, une reprise de l’école était inévitable. “On voit bien la difficulté de garder la population française sous cloche. Le scolaire ça représente un quart de la population, donc du moment où on fait le choix de faire redémarrer notre société, on ne peut pas laisser le scolaire de côté”, indique-t-il. 

Guillaume Descours