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Ouverture d'une enquête pour abus sexuels dans le patinage français: la réaction de Sarah Abitbol sur RMC

Elle sort son livre "Un si long silence" dans lequel elle raconte comment à 15 ans elle a été violée par son entraîneuse.

Le procureur de la République de Paris a indiqué ce mardi qu’une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineurs était ouverte. Cette enquête fait suite aux révélations de violences sexuelles dans le milieu du patinage artistique français. 

C’est notamment le témoignage de Sarah Abitbol, ancienne championne de la discipline, qui a permis au scandale d’éclater. "Au-delà des faits évoqués" dans le livre de l'ancienne patineuse, paru la semaine dernière, dans lequel elle accuse son ex-entraineur Gilles Beyer de l'avoir violée, "les investigations (...) s'attacheront à identifier toutes autres victimes ayant pu subir, dans le contexte décrit, des infractions de même nature", a expliqué le procureur Rémy Heitz dans un communiqué. 

Présente sur le plateau des "Grandes Gueules", elle a réagi en direct dans l’émission à l’ouverture de cette enquête.

"Ça me touche beaucoup. Les choses sont en train de changer, c’est incroyable l’ampleur de ma prise de parole. J’ai ouvert la parole parce que ce sont des faits très graves et je voulais protéger les futures victimes potentielles. C’est vrai que si le parquet ouvre une enquête, c’est extraordinaire. Je suis bouleversée. Il faut que ça bouge", a indiqué l’ancienne patineuse. 

Pour la ministre des Sports Roxana Maracineanu, l'ouverture d'une enquête est "un signal fort". "La parole des victimes doit être entendue par la justice", a-t-elle tweeté en milieu de journée.

Le patron de la FFSG dans la tourmente

Vendredi, Gilles Beyer, 62 ans, a reconnu, dans une déclaration écrite, "des relations intimes" et "inappropriées" avec Sarah Abitbol, lui présentant des "excuses". L'ancienne championne les a aussitôt refusées et déclaré sur le site internet de L'Obs qu'elle attendait une deuxième étape, "celle qui mettra en lumière la responsabilité de tous ceux qui ont couvert, dans le club et à la fédération".

près les scandales qui ont éclaboussé notamment le monde du cinéma et le milieu littéraire, cette affaire a plongé la FFSG et son insubmersible président Didier Gailhaguet dans la tourmente. 

Lundi, la ministre des Sports a reçu Didier Gailhaguet, à la tête de la FFSG depuis 1998, à l'exception de la période 2004-2007, pour qu'il s'explique notamment sur le maintien en poste, dans les années 2000 de Gilles Beyer, malgré les soupçons qui pesaient déjà sur lui. Elle a également demandé sa démission, mais le patron de la fédération, âgé de 66 ans, a éludé les questions sur son avenir, promettant de faire des révélations au cours d'une conférence de presse mercredi.

Guillaume Descours