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"Le ministère a agi à l’époque de manière rapide": mise en cause par le président de la fédération des sports de glace, Marie-George Buffet se défend

L'ancienne ministre des Sports répondait aux accusations de Didier Gailhaguet après les révélations sur les violences sexuelles dans le milieu du patinage artistique français.

En pleine tourmente, le président de la Fédération française des sports de glace, Didier Gailhaguet, a mis en cause sans la citer lundi l’ancienne ministre des Sports, Marie-George Buffet, après les révélations de violences sexuelles dans le milieu du patinage artistique français. 

Selon lui, la ministre aurait couvert ces violences. "Les premiers responsables sont ceux qui ont laissé commettre ces exactions. Je veux bien sûr citer le ministère, et la ministre des Sports de l'époque, qui, par leur lâcheté, leur incompétence et leurs nombreuses volte-face ont permis de laisser des personnes sur la glace dans des sports à maturité précoce, donc plus exposés, alors qu'elles auraient dû être soignées et mises hors d'état de nuire", a-t-il indiqué lundi. 

Des accusations auxquelles l’ancienne ministre a réagi mardi matin au micro de RMC. Selon elle, tout a été fait dans les règles à l’époque.

"Dès que nous avons été alertés, le ministère a diligenté une enquête administrative. L’enquête ayant donné à voir des comportements de ce personnage (Gilles Beyer), nous l’avons immédiatement suspendu et nous avions transféré son dossier au parquet. Mais le parquet n’ayant pas donné suite, petit à petit, il est de nouveau rentré dans le circuit. Mais le ministère a agi à l’époque de manière rapide", assure-t-elle. 

Elle précise que l’affaire n’est pas entre Didier Gailhaguet et elle-même, mais entre les victimes et leurs agresseurs. Elle a également appelé chacun à prendre ses responsabilités. 

La délégation de la fédération retirée ? 

Lundi, la ministre des Sports actuelle, Roxana Maracineanu a exigé la démission du président de la Fédération. "Didier Gailhaguet ne peut se dédouaner de sa responsabilité morale et personnelle, je lui ai donc demandé d'assumer toutes ses responsabilités et de démissionner", a-t-elle indiqué. Une position que soutien Marie-George Buffet. Cependant, elle rappelle que la ministre des Sports n’a pas le pouvoir de licencier Didier Gailhaguet en vertu du droit associatif.

"Elle a dit qu’elle entamait une procédure pour voir s’il fallait retirer la délégation à la fédération. Là, le ministère a une arme. Moi, je l’avais fait pour une autre fédération. On peut retirer la délégation, et même retirer l’agrément qui fait que la fédération ne peut plus par exemple participer aux compétitions, recevoir de l’argent public. Et je pense qu’elle a eu raison d’entamer cette procédure", explique-t-elle. 

Ce n'est pas la première fois que Didier Gailhaguet est dans le collimateur. Éclaboussé par une affaire de tricherie aux JO de Salt Lake City en 2002, il avait été interdit de toute fonction dans le patinage international pendant trois ans. 

Il avait également dû démissionner en 2004 de la présidence de la FFSG, après un rapport de la Cour des comptes dénonçant des dérives de gestion, mais il avait retrouvé la tête de la Fédération en 2007.

Guillaume Descours