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Quand Marie-Anne Soubré a été victime d'un jet d'urine par des étudiants de la Sorbonne

Alors qu'une conférence avec une philosophe opposée à la GPA a été annulée à Bordeaux, l'avocate raconte avoir subi des pressions en 2018 alors qu'elle devait débattre sur la question de la présomption d’innocence dans le cadre de #Balancetonporc.

Une conférence de la philosophe Sylviane Agacinski a été annulée suite à des pressions. Elle devait animer une conférence à l’université Bordeaux Montaigne sur le thème "l’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique". Cependant, l’université de Bordeaux a décidé d’annuler le débat.

"Ne pouvant assurer pleinement la sécurité des biens et des personnes ni les conditions d’un débat vif mais respectueux face à des menaces violentes, l’université de Bordeaux Montaigne a décidé d’annuler cette rencontre", a-t-elle indiqué. 

Ce sont des groupes qui militent pour la PMA et qui reprochent une position "réactionnaire" et "homophobe" à Sylviane Agacinski, qui ont mis la pression pour que la conférence n’ait pas lieu. Des groupes qui avaient par ailleurs invité les étudiants à se mobiliser contre cette venue, et affirmé mettre "tout en œuvre afin que cette conférence n’ait pas lieu".

"On n’avait pas le droit à la parole"

Dans les Grandes Gueules, l’avocate Marie-Anne Soubré affirme que ce n’est pas un cas isolé. Elle-même a subi des pression l’année dernière alors qu’elle devait animer une conférence à la Sorbonne à Paris sur la présomption d’innocence à l’épreuve de #Balancetonporc. 

"Un groupuscule d’étudiants, certains de la Sorbonne, et certains étant manifestement d’ailleurs, avait décidé que nous n’avions pas le droit de parler de présomption d’innocence et de remettre en cause éventuellement la parole des femmes. Avant toute discussion, ils sont arrivés, ils ont essayé d’arrêter le truc, on leur a dit de rester avec nous et de poser toutes les questions qu’ils souhaitaient poser après et qu’on était prêt au dialogue", explique Marie-Anne Soubré. 

C’est à ce moment que ces étudiants ont adopté une posture beaucoup plus virulente. "Ils avaient décidé qu’on n’avait pas le droit à la parole. Donc ils sont partis et ils nous ont balancé par la fenêtre une bouteille remplie d’urine", raconte l’avocate, qui précise que malgré cette agression, la conférence s’était tout de même tenue. 

Guillaume Descours