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Réforme des retraites: "Il y a un climat de violences qui est assez préoccupant", juge Marlène Schiappa

Les opposants à la réforme des retraites multiplient les actions coup de poing. Pour la secrétaire d'État, il faut endiguer ce climat de violences qui nuit au débat.

La bataille contre la réforme des retraites se poursuit. Alors que la grève dans les transports et désormais pratiquement totalement résorbée, les syndicats et opposants à la réforme usent désormais d’actions coup de poing pour se faire entendre. Mardi matin, la CGT Énergie a revendiqué une coupure de courant dans le secteur de Rungis dans le Val-de-Marne. 

Selon la secrétaire d’État à l’égalité des hommes et des femmes, Marlène Schiappa, le climat se tend au fil des semaines.

"Il y a un climat de violences qui est assez préoccupant. Notre responsabilité à toutes et tous c’est de ne pas jeter d’huile sur le feu. Je ne veux pas relancer le débat, mais je tiens à apporter mon soutien à l’équipe des Grandes Gueules, car vous avez été victimes d’actions coup de poing. Le climat de violences ne sert personne. Par exemple, un candidat de la France Insoumise a été violemment agressé alors qu’il amenait sa petite fille à l’école. Dès qu’on met un doigt dans la violence, il y a un engrenage et une escalade de violence et ce n’est pas le pays que nous voulons", confie-t-elle.

Accumulation de la colère sociale

Selon Marlène Schiappa, toute la responsabilité de la crise que connaît le pays en ce moment n’est pas imputable à Emmanuel Macron. Selon elle, il en va de la responsabilité individuelle de passer ou pas dans la violence. "Je comprends la colère et je comprends aussi le désaccord. Dans une démocratie, c’est normal qu’on puisse critiquer le gouvernement et c’est même plutôt sain de le faire. Donc la critique oui, mais la violence non", affirme-t-elle.

Cependant, une question se pose. La France, connaît-elle un climat de violences plus important depuis l’élection d’Emmanuel Macron ? En effet, depuis plusieurs années, les mouvements sociaux s’accumulent: "gilets jaunes", grève contre la réforme des retraites... 

Mais pour Marlène Schiappa, ce climat existe depuis plus longtemps.

"J’appelle à l’unité de longue date. Il faut qu’on arrête de se regarder en chiens de faïence les uns les autres en se demandant qui est 'gilet jaune', qui est macroniste, qui est CGTiste. Quand on voit les images de violences, je crois que ça nourrit quelque chose d’extraordinairement négatif et très sinistre et il faut que chacun prenne ses responsabilités pour faire en sorte d’apaiser le climat", indique-t-elle. 
Guillaume Descours