RMC

"Un confinement en février aurait aidé", assure Mathias Wargon, le chef du service des urgences de Saint-Denis

Contrairement à ce que dit le président de la République, un confinement dès février aurait permis d'atténuer l'épidémie de Covid-19, assure Mathias Wargon, chef du service des urgences de l'hôpital Delafontaine en Seine-Saint-Denis.

Nombre de décès élevé, taux d'incidence record, hospitalisations en réanimation et cas positifs en hausse, rien ne va plus en France en pleine troisième vague de l'épidémie de Covid-19. Pourtant, pas question de parler de confinement pour l'instant. Après des mesures renforcées en Île-de-France et dans la région lyonnaise notamment, le président de la République a quand même évoqué jeudi soir "de nouvelles mesures à venir", alors que le pays vit sous confinement puis couvre-feu depuis novembre 2020.

"On l'a vu, le confinement bloque la contagion. Je n'ai pas de solution miracle mais les seuls pays qui ont arrêté la contagion, c'est avec le confinement", défend ce vendredi sur RMC Mathias Wargon, chef des urgences de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis. "Je pense qu'un confinement en février nous aurait aidés, cela aurait au moins bloqué cette montée", ajoute l'urgentiste.

Mais Emmanuel Macron en est persuadé. Ne pas avoir décrété de confinement en février était la bonne décision. Sa bonne décision: "Nous avons eu raison de ne pas confiner la France à la fin du mois de janvier parce qu'il n'y a pas eu l'explosion prévue par tous les modèles. Je peux vous affirmer là, que je n'ai aucun mea culpa à faire, ni aucun remord, ni aucun constat d'échec", a assuré le chef de l'Etat jeudi soir.

>> A LIRE AUSSI - Chiffres du Covid-19: encore de grandes disparités entre les territoires

"Il faut arrêter de se voir"

Pourtant, la situation dans les hôpitaux semble dire tout le contraire, notamment en Seine-Saint-Denis: "On transfère beaucoup de nos patients vers d’autres hôpitaux de la région là où on trouve de la place. Les médecins et secrétaires médicales passent leur temps à chercher de la place", raconte Mathias Wargon. Car en Seine-Saint-Denis, les chiffres de l'épidémie atteignent de tristes records. Le taux d'incidence est de 746, la tension hospitalière est à 149% tandis que le taux de vaccination atteint péniblement 7,03%, le plus faible du pays.

"Il y a un rappel à faire. Il faut arrêter de se voir", lance Mathias Wargon, estimant que l'hôpital n'a quasiment plus de réserve. Pour autant, pas question d'ouvrir d'autres lits de réanimation: "L'histoire d'ouvrir des lits en réa, c'est bidon ! Ça ne se fait pas comme ça, c'est des locaux, du matériel, du personnel, de la formation. On ne s'organise pas en fonction d'une pandémie. Cela n'a pas de quoi combler une pandémie", défend-il.

>> A LIRE AUSSI - Ils prenaient l'apéro ensemble: 200 personnes dispersées à Marseille

Guillaume Dussourt