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Une de Charlie: "Si les religieux pouvaient pour une fois réagir avec humour…"

L'humoriste Christophe Alévêque, invité ce mardi des Grandes Gueules sur RMC, est persuadé que la mauvaise orthographe du nom de Wolinski sur la plaque d'hommage aux victimes des attentats, aurait fait rire le dessinateur.

Cela l'aurait fait rire. Le dessinateur de Charlie Hebdo (entre autres) Georges Wolinski n'aurait pas pris ombrage que son nom soit mal orthographié sur la plaque commémorative apposée mardi sur l'immeuble où se trouvait le siège de l'hebdomadaire satirique. C'est l'avis de l'humoriste Christophe Alévêque, invité ce mardi des Grandes Gueules sur RMC pour présenter son spectacle Ça ira mieux demain, au Palais des Glaces, à Paris. "Ça va le faire rire, a-t-il réagi. C'est comme le pigeon qui avait chié (sic) sur le président de la République lors de la marche du 11 janvier. C'est dans les moments les plus solennels que l'on a les plus gros fous rires".

"La Une de Charlie? Je trouve que le dessin n'est pas terrible"

Christophe Alévêque n'a pas compris les critiques de dignitaires religieux contre la Une du numéro spécial de Charlie Hebdo, qui sort en kiosque ce mercredi 6 janvier. "Que pourrait-on demander à Charlie Hebdo ? C'est un journal satirique. C'est comme si vous demandiez à un cordelier de faire du pain. C'est leur métier de faire de la caricature", répond l'humoriste, qui rappelle que "sur scène, [il] bouffe du curé, de l'imam, du rabbin…".

Pour autant, Christophe Alévêque n'a pas trouvé la Une de Charlie Hebdo particulièrement réussi. "La Une de Charlie, pfff… Je trouve que le dessin n'est pas terrible. Le dessin de Cabu avec 'C'est dur d'être aimé par des cons' était bien, claire, évidente. Mais là… Bon, ce n'est pas toujours facile d'être au top".

"Je ne comprends pas la réaction des religieux"

Il n'a pas par contre rien à redire sur l'édito virulent de Riss, dessinateur et directeur de publication du journal: "Ils ont subis un traumatisme énormissime, il y avait énormément de colère rentrée chez eux et il fallait qu'elle sorte". "Mais je ne comprends pas la réaction des dignitaires religieux, poursuit l'humoriste. On a l'impression qu'ils veulent remettre de l'huile sur le feu. Le débat sur la liberté d'expression a déjà eu lieu en France, on est dans un pays laïque, il y a une séparation de l'église et de l'État, le blasphème n'est pas puni par la loi, il n'y a pas de débat. S'ils pouvaient pour une fois réagir avec humour, ça ferait du bien".

Philippe Gril avec les GG