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"Une honte pour Paris": la police réprime une manifestation contre le régime iranien

Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes ce dimanche à Paris, alors que des opposants au régime iranien manifestaient à proximité de l'ambassade d'Iran. Les participants s'étaient donné rendez-vous notamment pour soutenir les protestations qui secouent l'Iran.

Venues pour protester contre la répression des manifestations en Iran, une centaine de personnes ont été repoussées par les forces de l'ordre ce dimanche à Paris. La police a en effet fait usage de gaz lacrymogènes pour les empêcher de s'approcher de l'ambassade de la République islamique d'Iran, ont constaté de nombreuses personnes sur place.

Partis de la place du Trocadéro, les manifestants auraient tenté de franchir un cordon interdisant l'accès à l'ambassade d'Iran, située à quelques mètres de là, a assuré la préfecture.

"C'est la honte absolue sur la préfecture de police de Paris et Laurent Nuñez d'avoir gazé ces manifestants", s'est émue ce lundi sur le plateau des "Grandes Gueules" Barbara Lefebvre. "Cela montre bien qu'on a un gros problème avec la préfecture de police de Paris et les ordres qui sont donnés aux policiers par une direction qui semble très problématique", a-t-elle ajouté sur RMC et RMC Story.

"C'était parti pour déborder"

"On avait oublié Didier Lallement, on retrouve Laurent Nuñez. C'est très grave ce qu'il s'est passé en France, c'est une honte pour Paris", a estimé Barbara Lefebvre.

"C'était parti pour déborder, plusieurs collègues des compagnies d'intervention me l'ont confirmé", a justifié de son côté Bruno Pomart, maire dans l'Aude et ancien policier du Raid.

Lors de la manifestation de dimanche, les participants ont reproché au président français Emmanuel Macron d'avoir serré la main de son homologue iranien Ebrahim Raïssi le 20 septembre dernier, en marge de l'assemblée générale des Nations unies à New York.

41 morts en Iran

Des incidents quasi similaires ont eu lieu à Londres devant l'ambassade d'Iran. "Des manifestants ont tenté de franchir les barrages de police et jeté des projectiles sur les agents", a assuré dans un communiqué la police britannique, évoquant cinq arrestations.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 41 personnes ont été tuées et des centaines d'autres arrêtées en Iran depuis l'annonce le 16 septembre du décès de Mahsa Amini, 22 ans, arrêtée à Téhéran trois jours auparavant par la police des mœurs pour "port de vêtements inappropriés".

"Qu'on ouvre les portes à tous les opposants politiques iraniens, qu'on fasse davantage pour essayer de libérer l'Iran et il y aurait beaucoup de travail parce que le réseau des ayatollahs est très puissant", a plaidé Barbara Lefebvre.

G.D.