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"Beaucoup d’interventions ne sont plus dans mes missions propres et dans ce qu’on m’a appris il y a 20 ou 30 ans", confie un pompier en grève

Les pompiers débutent ce mercredi une grève. Ils protestent notamment contre une dégradation de leurs conditions de travail. Cette grève doit durer jusqu'au 31 août.

Il démarre une grève qui doit durer jusqu’au 31 août. Les pompiers se mobilisent pour dénoncer leurs conditions de travail. Une grève rare pour ce corps de métier qui a une obligation de service. Il n’y aura pas d’absence d’intervention, mais ils seront en effectif réduit. 

Pour Frédéric Perrin, responsable syndicat Spadis CFTC rappelle que la dernière fois que les pompiers ont été en grève, c’était en 2012. "Les sapeurs-pompiers sont rarement en grève. Malheureusement, on n’aime pas être en grève sauf que c’est la seule solution qu’on a pour qu’on rouvre un dialogue même si celui-ci n’est pas totalement clos", affirme le pompier. 

En 2012, la grève portait sur la réforme de la filière et les pompiers avaient réussi à obtenir gain de cause. Selon Frédéric Perrin, le travail des pompiers, aujourd’hui, est bien éloigné de celui qu’ils avaient il y a encore quelques années. 

"On rentre avec des étoiles plein les yeux. Je suis devenu pompier volontaire à 16 ans, à 20 ans, je suis allé chez les pompiers de Paris faire mon service militaire et à 21 ans, j’étais pompier dans une caserne à Troyes et je faisais du pompier. Je suis devenu pompier volontaire à 16 ans, à 20 ans, je suis allé chez les pompiers de Paris faire mon service militaire et à 21 ans, j’étais pompier dans une caserne à Troyes et je faisais du pompier. Je fais beaucoup d’intervention qui pour moi ne sont plus dans mes missions propres et dans ce qu’on m’a appris il y a 20 ou 30 ans. Et c’est cette forme de découragement qu’on dénonce", explique-t-il. 

"Peur de mourir bêtement"

Il regrette ce pour quoi il a souhaité s’engager, ce métier qu’il a choisi malgré les risques, mais qu’il ne reconnaît plus. 

"On est entré avec une vraie volonté, une vraie envie, avec un vrai challenge, parce que pompier, c’est le rêve de tout enfant. C’est de missions nobles, c’est des missions où on est au contact du public, on est vraiment dans l’engagement. Un engagement de soi, total. On savait qu’en signant un contrat, on pouvait même en mourir, mais aujourd’hui on a peur de mourir bêtement par un coup de couteau, une agression", confie-t-il.

Selon lui, c’est parce que certains métiers se sont désengagés que la situation pour les pompiers en est arrivée là. Ils n'excluent pas d'organiser une manifestation en septembre si la réponse du gouvernement n'est pas suffisante pendant l'été.

Guillaume Descours