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"Comment n'arrivons-nous pas à imposer la question du sport?": le coup de gueule de Nathalie Iannetta

En pleine semaine olympique qui passe inaperçue, la question du sport semble négligée. Nathalie Iannetta, journaliste et ancienne conseillère jeunesse et sport à l'Elysée, estime qu'il faut absolument que le pays dans son ensemble se réveille à cinq ans du grand rendez-vous de Paris 2024.

La France ne s'intéresse-t-elle pas au sport, que ce soit à l'école ou ailleurs ? Le président de la République a tenté de donner une nouvelle impulsion au projet olympique mercredi: "On n'est pas au rendez-vous de l'ambition" des JO de Paris 2024, a-t-il lancé.

Dans le cadre du grand débat national, Emmanuel Macron a fait écho à l'impatience que peuvent susciter les Jeux olympiques, notamment en Seine-Saint-Denis, mais il s'est attiré des critiques sur le manque d'engagement de l'Etat.

"Quand on gagne il y a du monde sur les plateaux de télé. Mais là..."

Nathalie Iannetta, journaliste et ancienne conseillère jeunesse et sport sous François Hollande, était l'invitée de M comme Maïtena ce jeudi sur RMC. Elle part d’un constat: personne ne sait que cette semaine marque la troisième semaine olympique et paralympique lancée par l'Education nationale et le ministère des Sports. 

"C’est dingue. On organise les Jeux dans cinq ans, dans un an c’est les Jeux à Tokyo. C’est un truc de malade quand même. Comment se fait-il que nous n’arrivions pas à imposer dans le débat public la question du sport sans que ce soit vu comme un événement sportif. Quand on gagne il y a du monde sur les plateaux de télé, les politiques, les acteurs, les artistes... Mais là, pendant la semaine olympique de l’éducation des valeurs universelles ils sont où ? C’est un truc de fou." 

"On valorise beaucoup plus l'artistique"

Nathalie estime que c'est une "question essentielle sociétale au même titre que l’économie, l’art, la citoyenneté, la place des femmes" Mais comment apporter des solutions pour remédier à cela ? Plus de place du sport à l'école ? 

"C'est vrai qu'il y a autant d'heures de sport que de musique et de dessin. Le problème n'est pas le nombre d'heures, le problème c'est le regard que l'on pose dessus. Nous les parents, les grands, on préfère que nos enfants fassent du piano ou des arts plastiques... On valorise beaucoup plus l'artistique". 
James Abbott