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"Compliqué de doter chaque policier utilisant un LBD d’une caméra-piéton parce qu’on n'en a pas assez", affirme Yves Lefebvre

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé que les membres des forces de l'ordre qui utiliseront des flash-balls dans les manifestations devront être équipés de caméra-piétons afin de montrer qu'ils n’ont rien à cacher.

Les policiers et gendarmes qui vont utiliser les lanceurs de balles de défense dans les manifestations devront désormais être équipés de caméras-piétons. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, mardi soir. 

Une mesure qui vise à montrer que les policiers et gendarmes, régulièrement accusés de violences n’ont rien à cacher. Pour Yves Lefevre, secrétaire général du syndicat de police Unité SGP Police FO, cette décision est une bonne chose.

"Ça va dissuader certains casseurs de venir dans le champ de collecte des images. Et ça va soulager mes collègues qui dès lors qu’ils feront usage du LBD, après sommation, du spectre récurant ces dernières semaines que j’appelle communément, le hashtag, ‘c’est la faute des flics’", explique-t-il. 

Il précise que, dans le cas où un membre des forces de l’ordre serait agressé et qu’il ferait usage du LBD pour se dégager, il ne serait dans ce cas précis pas dans l’obligation d’activer sa caméra-piéton. 

Pas assez de caméras ? 

Cependant, pour le syndicaliste, il sera très compliqué de suivre les prérogatives du ministre d’un point de vue purement technique.

"Aujourd’hui, on serait bien en peine de doter chaque policier utilisant un LBD d’une caméra-piéton parce qu’on n'en a pas assez". Il explique que dans certaines zones tel que dans l’ouest de la France, où les missions de maintien de l’ordre sont particulièrement sensibles comme à Nantes ou à Quimper, "on a aucune dotation de caméra-piétons", poursuit-il. 

S’il n’exclut pas qu’il y a pu y avoir par le passé des violences policières, Yves Lefebvre préfère attendre les résultats des enquêtes de l’IGPN. "Il y a 77 enquêtes de l’IGPN qui ont été ouvertes. J’attends avec beaucoup de sérénité les conclusions. S’il y a eu des dérives, on reconnaîtra que ça a pu arriver et ce sera à l’IGPN de dérouler le champ des sanctions prévu à cet effet", affirme-t-il. 

Guilaume Descours