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Femmes parties en Syrie rejoindre Daesh: "Pour la famille en France, c'est terrible"

Le magazine Elle consacre ce jeudi un dossier sur les mères de femmes parties rejoindre les rangs de Daesh. La journaliste Edith Bouvier qui a réalisé ce reportage était l'invitée de Maïtena ce mercredi.

Comment vit-on l'absence de son enfant parti en Syrie rejoindre l'Etat islamique? Cette question douloureuse est le thème d'un dossier du magazine Elle consacré à ces mères qui ont vu leur fille quitter la France en emmenant parfois avec elles leurs enfants pour rejoindre Daesh.

"C'est terrible de vivre l'absence de son enfant, de ne pas savoir s'il est mort ou vivant, parce beaucoup de familles n'ont pas de nouvelles depuis plusieurs mois ou plusieurs semaines parce qu'ils sont dans des villes où il n'y a pas forcément accès à l'électricité ou à internet. Ils ne peuvent en parler à personne, ça fait deux, trois, quatre ans qu'ils sont partis là-bas et qu'ils sont seuls avec leur douleur. Quand leurs amis viennent à la maison on leur dit que leur fille est sortie. Les parents ont honte et le regard aujourd'hui est d'une violence inouïe contre ces gens", racontent Edith Bouvier.

"J'aimerais savoir où ils sont"

Une de ces mères, Laurence, a aussi témoigné dans M comme Maïtena. Sa fille est partie avec ses trois enfants, l'aîné a aujourd'hui 8 ans et le dernier 3 ans. Laurence ne sait pas où se trouvent sa fille et ses petits-enfants actuellement, "peut-être dans une prison en Irak". Elle assure vivre une situation difficile: "J'aimerais savoir où ils sont, s'ils souffrent, s'ils sont tous ensemble. C'est très difficile à gérer parce qu'on n'a pas d'aide, pas de soutien".

Aujourd'hui, elle souhaite que sa fille puisse être jugée en France: "Pour traiter ces cas, il faut bien qu'elles reviennent en France. Je suis citoyenne française, je respecte les valeurs de la République. Nous sommes dans une souffrance. Il faudrait que ces femmes puissent revenir et être jugées en France. Il ne faut pas se tromper d'ennemis, elles n'ont tué personne et elles risquent la peine de mort en Irak, elles ne méritent pas ça".

P.B.