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Hijab de Decathlon: quels sont les responsables politiques à l'origine de la polémique

La polémique a pris une ampleur très importante. Au point que le magasin de sport face marche arrière et choisisse de ne pas commercer ce hijab pour le sport.

Le hijab de Decathlon aura été l’un des sujets d’actualité de la semaine, suscitant une importante polémique jusqu’à l’annonce de son retrait. Tout commence la semaine dernière, en fait avec un article publié jeudi dernier par AlKanz, un blogueur dans lequel il s’étonne que ce hijab de sport soit disponible au Maroc, mais pas encore en France. Là-dessus l’enseigne lui répond que l’article sera prochainement mis en vente dans l’hexagone.

À ce moment-là, aucun média n’a encore repris l’info. Plusieurs féministes et comptes d’extrême droite commencent à s’insurger sur les réseaux sociaux. Mais la polémique démarre vraiment quand une femme politique s’y engouffre: c’est Lydia Guirous, la porte-parole des Républicains, le dimanche 24 février à la mi-journée. À partir de là, les femmes et les hommes politiques ont presque tous rebondi sur la polémique.

Tweet de Marine Le Pen

Cependant, la polémique n’a pas été alimentée par un seul bord politique. Le même soir que Lydia Guirous, c'est une socialiste, Valérie Rabault, présidente du groupe à l’Assemblée, qui relaie un communiqué des Vigilantes, un réseau de féministes laïques, et appelle à boycotter Decathlon.

Ensuite, il y a Jeannette Bougrab, ancienne secrétaire d’Etat à la jeunesse sous Sarkozy, a estimé de son côté sur RTL que Decathlon se rendait "complice" d’une "idéologie rétrograde". Enfin, Michèle Delaunay, une ancienne ministre de François Hollande, "aime" le tweet du frontiste Jean Messiha.

L’extrême droite aussi a participé à la polémique. Invité des Quatre Vérités sur France 2 mardi, c’est la première question qui sera posée à Nicolas Dupont-Aignan. Marine Le Penn, elle, tweet: "Decathlon: à fond l’islamisme".

Débat chez LREM

Même au sein de la majorité présidentielle, la question du hijab de Decathlon n’aura laissé personne insensible. Interrogée sur RTL, Agnès Buzyn, qui sera retweetée par plusieurs députées de son parti, explique ainsi cette mise en vente ne correspond pas à "sa vision de la femme".

À l’inverse, la ministre des sports ne fait qu’insister sur "le droit en vigueur" et rappelle que son «rôle est de promouvoir le sport pour tous dans une logique de progrès, d’inclusion, de respect d’autrui et de mixité".

Quelques figures politiques sont tout de même restées discrètes sur la question. Le président du PS Olivier Faure, celui de Générations Benoît Hamon, et celui d’Europe Écologie Yannick Jadot n’ont, eux, pas réagi à la polémique. Tout comme les Insoumis, où seule Danièle Obono, invitée sur BFM mardi soir après l’annonce par Decathlon que l’enseigne renonçait à commercialiser l’article, a dénoncé une "campagne de diversion et de stigmatisation".

Emma Donada (CheckNews) avec Guillaume Descours