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Hôpital psychiatrique de Rouen: après 17 jours de grève de la faim, "il n'est pas temps de relâcher la pression"

Thomas Petit, infirmier de l'hôpital psychiatrique de Rouen, est en grève de la faim depuis 17 jours maintenant. Il a témoigné ce jeudi dans M comme Maïtena.

Cela fait désormais 17 jours, ce jeudi, que Thomas Petit, infirmier à l'hôpital psychiatrique du Rouvray à Rouen, est en grève de la faim. S'il n'a pas été encore hospitalisé, contrairement à quatre autres de ses collègues grévistes, il est au seuil critique. Pas question pour autant d'abandonner avant d'avoir obtenu ce qu'ils souhaitent, à savoir plus de moyens et 52 postes.

"Je vais essayer de tenir le plus possible, annonce-t-il dans M comme Maïtena. C'est très important de tenir. Une grève de la faim, c'est quand même un moyen de pression qu'on est obligé de mettre en œuvre, il n'est pas temps de relâcher la pression. On en a vraiment marre qu'aucune solution soit trouvée, que la psychiatrie reste tout le temps le parent pauvre, qu'on soit obligé de se débrouiller avec des bouts de chandelles, des gens qui se font casser la figure, des mineurs agressés, des personnels en arrêt de travail... Les arrêts de travail ont augmenté de 40% par rapport à l'année dernière, c'est bien qu'il y a un problème".

"Des agressions sexuelles sur mineurs"

"Je n'avais jamais envisagé de faire la grève de la faim, mais quand le mouvement de grève a commencé le 22 mars (la grève de la faim dure elle, depuis le 21 mai, NDR), on a très vite vu qu'on aurait besoin de moyens de revendications plus puissants que ce que l'on met en œuvre habituellement, parce qu'on était systématiquement confronté à des fins de non-recevoir sans aucune alternative", poursuit Thomas Petit.

"Des gens me disent qu'on se met en danger, que ce n'est pas cohérent? On répond qu'on le fait parce que nos patients aussi sont en danger. Quand on accueille en psychiatrie des patients fragiles dans des conditions indignes on les met en danger. On n'est pas assez nombreux en cas de violences. Dans notre hôpital on a des mineurs de 12-13 ans hospitalisés dans les secteurs adultes. Des enfants sont confrontés à des adultes aux pathologies très lourdes: il y a eu des accidents, des agressions sexuelles…", énumère-t-il.

P. G. avec Maitena Biraben