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"Le bureau des vérifs": pourquoi voit-on sur Facebook des publications avec de faux accidents de la route?

Sur Facebook, des gens tentent d’obtenir nos données personnelles en nous prenant par les sentiments avec des publications d’accidents de la route.

Faites attention si vous voyez une publication d’accidents de la route sur Facebook. Plusieurs dizaines ont pu être repérées sur le réseau social en juin.

Le cliché montre un véhicule accidenté, avec les secours à pied d’œuvre, et la légende qui l’accompagne commence généralement par : "Oh mon dieu", ou encore : "C'est terrible, un accident vient juste de se produire". 

Il y aurait donc des morts et des blessés et on vous donne un lien sur lequel cliquer pour aider les victimes.

Ces accidents ont-ils eu lieu?

Ces accidents ont bel et bien eu lieu, mais il y a plusieurs années. Grâce à un moteur de recherche qui permet de voir si des images ont déjà été publiées par le passé, on se rend compte par exemple, que ce qui est présenté comme un grave accident de bus à Périgueux le 11 juin 2019... a en fait été photographié à Nice en 2015.

Le constat est toujours le même: le lieu, le bilan et la date de l'accident sont faux.

Que se passe-t-il si on clique sur le lien? 

On est redirigé vers une page qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la page d'accueil de Facebook. Il y a le même code couleur: bleu et blanc, les mêmes mentions légales.

Mais quand on regarde de plus près, il y a des choses qui clochent sur cette page. Le plus évident, c’est l’adresse de la page web. Au lieu d’avoir facebook.com, on a un nom douteux: www.urlz.com. Sur cette page, on peut toute même renseigner ses identifiants Facebook pour se connecter

Et si on tente de se connecter? 

Evidemment, il ne faut pas essayer de se connecter. Là encore, on est redirigé sur une page de pub sans intérêt. Mais si vous avez tapé vos vrais identifiants, c’est trop tard, les escrocs qui gèrent la fausse page Facebook ont désormais accès à votre profil.

Ils peuvent fouiller dans vos messages à la recherche d'informations bancaires, interroger vos amis. Ils peuvent ensuite leur demander de l'argent en se faisant passer pour vous ou rediffuser l’arnaque. Vous venez d'être victime de "phishing", en bon français d’"hameçonnage".

Une pratique très présente en France

La police nationale et la gendarmerie ont des services qui luttent contre ce genre d'arnaque. Leur constat est sans appel: les cas de phishing sont en hausse constante.

La gendarmerie par exemple, a reçu près de 24.000 signalements depuis début 2019, c’est 16% de plus qu’en 2018 à la même époque de l’année. Et dans un peu plus d’un cas sur dix (11,3%) ces arnaques se font grâce à Facebook.

Comment ne pas tomber dans le panneau?

Il faut faire attention à la source de l'information, voir si des médias fiables en ont parlé, regarder les commentaires de la publication.

Sur son site, le ministère de l'Intérieur donne des conseils comme, regarder toujours attentivement l'adresse du site qui se trouve dans votre navigateur ou encore, utiliser des mots de passe différents, et complexes, pour toutes vos applications comme Gmail, Instagram, Twitter et Facebook

Et si on se fait avoir quand même?

Là, il n'y a qu'une solution: changez immédiatement tous vos mots de passe, garder un œil sur votre compte en banque et surtout, signaler l'arnaque aux autorités. La plateforme en ligne "Info Escroqueries" sert à ça.

François D’Astier (avec Caroline Petit)