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Service National Universel: les jeunes mis en avant par les médias ont-ils été choisis par le gouvernement ?

Le gouvernement a nommé un ambassadeur par département. Des ambassadeurs qui étaient régulièrement mis en avant dans les différents reportages, car ils étaient recommandés le ministère de l'Éducation et de la Jeunesse.

Depuis deux mille adolescents volontaires ont rejoint 13 centres, dans autant de départements, pour deux semaines entre école et armée. C'était le début en fait du service national universel (SNU), ce projet porté par Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Éducation et de la Jeunesse. Un service national, nouvelle formule, qui devrait devenir systématique d’ici quelques années.

Ce lancement a bénéficié d'une importante couverture médiatique. Mais est-ce que les jeunes mis en avant dans les médias ont été choisis par le gouvernement? Pour le savoir, Checknews a contacté une dizaine de médias (papier, radio et télé) et tous ont affirmé être passés par le Secrétaire d'Etat, ou dans certains cas par les préfectures de département, pour entrer en contact avec les jeunes qui se préparaient à participer au SNU. Pareil pour faire des reportages sur la première journée du Service national universel.

C’est pour ça qu'on a retrouvé Lucie B. adolescente, sur TF1, sur France et sur France 3. La même Lucie B. en train de faire sa valise, ou de dire sur les trois chaînes qu'elle va chanter la Marseillaise et faire des activités, même si elle ne s’avait pas encore lesquelles.

Cette jeune Ardennaise avait été désignée en avril ambassadrice du service national universel. Comme 12 autres jeunes - un par département - qui avaient reçu aussi ce titre et avaient pu poser en uniforme en avril sur les Champs-Elysées aux côtés de Gabriel Attal.

Des reportages à venir

Cependant certains médias n’ont pas accepté de se conformer à ces ambassadeurs. C'est par exemple le cas d'un quotidien national qui a demandé à suivre un jeune, mais qui a refusé l'ambassadeur qui lui était proposé par le cabinet. Et le journal a obtenu gain de cause. Un autre voulait deux jeunes, et a pu, avec l'aval des services de l'Etat, rencontrer une volontaire en plus de l'ambassadeur.

Selon le cabinet de Gabriel Attal, ces derniers se sont adaptés aux demandes des journalistes.

Pour la première journée du SNU, il était possible pour les journalistes de parler à tous les jeunes sans problème. La communication n'était donc pas trop verrouillée. Cependant, il y avait tout de même systématiquement un encadrant du centre qui accompagnait les journalistes pendant les interviews avec les jeunes.

Et au-delà du lancement, il sera plus compliqué pour les journalistes de vivre le quotidien des jeunes. Les chefs de centres ont fait remonter au ministère le besoin d'un fonctionnement plus fermé, avec moins de journalistes. Mais certains ont quand même réussi à rester sur place un petit moment. Une chaîne privée diffusera, à la fin de ces deux semaines, non pas un, mais deux reportages au long cours, après avoir suivi en immersion six jeunes pendant toute leur SNU. Parmi ces six jeunes: trois sont des ambassadeurs.

Robin Andraca (Checknews) avec Guillaume Descours