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Sida: "certains enlèvent le préservatif juste avant l’acte", révèle un médecin

Les préservatifs vont prochainement être remboursés par la Sécurité sociale sur prescription médicale. Une mesure saluée par les associations, mais qui laisse planer le doute quant à l'utilisation des préservatifs même en cas de remboursement.

La ministre de la Santé a annoncé ce mardi que les préservatifs pourront désormais être remboursés par la Sécurité sociale sur prescription médicale. Cette mesure a pour but de lutter contre les Sida et les infections sexuellement transmissibles alors que la prévention marque quelque peu le pas. "A compter du 10 décembre", les Français pourront se faire délivrer des "boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs (...) en officine de pharmacie sur présentation d'une prescription d'un médecin ou d'une sage-femme", a détaillé mardi le ministère de la Santé.

Si ce remboursement des préservatifs a été largement salué par les associations, Marina Karmochkine, médecin spécialiste du VIH à l’hôpital Georges Pompidou, se demande si cette gratuité va pousser les Français à plus se protéger.

"C’est une bonne nouvelle, car c’est un outil très efficace contre tous les IST. Mais est-ce que, parce que le préservatif va être remboursé, les gens vont l’utiliser, j’ai un doute. À ma consultation, j’ai un petit panier avec des préservatifs gratuits. Et ce que je constate, c’est que depuis un petit moment, c’est que personne ne prend de préservatifs et d’autre part, j’entends certains de mes patients qui sont déjà séropositfs qui sont effarés parce que aujourd’hui, à Paris, dans la communauté homosexuelle, il y a des personnes qui n’utilisent plus les capotes", explique-t-elle, affirmant que certains patients lui racontent que "certains enlèvent le préservatif juste avant l’acte".

120 millions de préservatifs vendus en 2017

Selon la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, on découvre chaque année "autour de 800 à 1000 nouveaux cas" d’infection par le VIH "chez les gens de moins de 25 ans". 

Pour Marina Karmochkine, "chez les jeunes hétérosexuels, il y a une tendance à utiliser le préservatif en début de sexualité, mais à l’abandonner très rapidement". 

Le remboursement ne concerne pour le moment qu'une marque : les préservatifs masculins Eden, fabriqués par Majorelle, premier laboratoire à faire une telle démarche en France. Au total, 120 millions de préservatifs ont été vendus en France l’an dernier, dont les deux tiers en grande surface selon le laboratoire. 

M comme Maïtena (Avec AFP)