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Un chirurgien esthétique sur RMC: "Notre but n’est pas de transformer les gens en beau mais de leur enlever un complexe"

Vladimir Mitz, chirurgien esthétique et auteur de "Chirurgie esthétique pour ou contre" (Ed. Flammarion) était l'invité de "M comme Maïtena" ce vendredi 26 janvier. Il nous éclaire sur le rapport étroit que peuvent entretenir les jeunes et la chirurgie esthétique.

Les demandes de patients en chirurgie esthétique interviennent de plus en plus tôt. Pour Vladimir Mitz, il est nécessaire que le chirurgien endosse le rôle de conseiller pour guider au mieux les jeunes et leur famille.

"On doit savoir dire non mais il faut expliquer pourquoi on dit non"

Pour lui, avant d’avoir atteint la majorité, le "consensus familial" est indispensable. Parents comme enfant doivent comprendre les craintes et les besoins de chacun.

"Il faut expliquer aux parents que la souffrance ne va pas s’atténuer (…) C’est notre rôle de professionnel de savoir ce qui peut s’améliorer et ce qui ne va pas bouger. Un exemple, un garçon de 15 ans qui vient avec des seins. Il ne supporte pas d’être sur la plage, il ne va pas faire de sport et il se renferme (…) Ce complexe, il est là et, selon nous, on peut opérer. Les oreilles décollées, on le sait, on les opère à partir de l’âge de 7 ans parce que les enfants se font traiter de ‘Dumbo’. Il faut entendre l'adolescent. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut l’opérer à tous les coups. En tant que chirurgien, on a une mission, on doit savoir dire non mais il faut expliquer pourquoi on dit non".

"Un défaut est vécu comme une griffure dans la vie"

Mais parfois, lorsque le complexe est trop présent, la chirurgie esthétique devient le seul échappatoire. 

"Un défaut est vécu comme une griffure dans la vie. C’est quelque chose qui devient très vite intolérable psychologiquement devant son miroir et qui affaiblit. C’est en cela que la chirurgie esthétique est thérapeutique parce que notre but n’est pas de transformer les gens en beau mais de leur enlever un complexe".

"La beauté physique reste quelque chose que chaque individu a envie d’avoir"

Les stars sont souvent considérées comme des modèles pour les jeunes candidats à la chirurgie esthétique. Or, celles-ci vont parfois trop loin et ne se contentent pas d’une amélioration physique mais optent plutôt pour une transformation.

Le chirurgien doit donc être vigilant et différencier le réel mal-être et la coquetterie car tout ne se vaut pas, surtout à cet âge.

"Une des pressions que l’on reçoit tous c’est le modèle des stars, aussi bien de la téléréalité que des stars qui sont très connues (…) Ressembler à une star, c’est quelque chose que toute jeune fille a envie, elle a envie d’être une starlette et le garçon a envie d’être un peu mannequin. La beauté physique reste quelque chose que chaque individu a envie d’avoir. Peut-être pas une beauté normée mais une beauté différente qu’il faut acquérir par soi-même".
C.P. avec M comme Maïtena