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Ce n’est pas tant les citoyens qui se désintéressent de l’Europe que leurs dirigeants

Les députés britanniques ont adopté mercredi à une très large majorité le déclenchement de l’article 50 du traité de Lisbonne, qui enclenche le processus de retrait de l’Union Européenne. Un Royaume-Uni qui cherche à obtenir un Brexit à la carte en conservant notamment le marché unique. Une preuve pour le conseiller départemental Jean-Noël Barrot (Modem), que l'Europe n'est pas morte.

C’est une sortie qui ne se fera pas du jour au lendemain. Même si les députés britanniques ont déclenché le processus de retrait de l’Union Européenne, leurs volontés posent problèmes. Ils souhaitent en effet conserver quelques avantages comme l'accès au marché commun, ce qui ne plait pas du tout à Bruxelles. Jean-Noël Barrot, conseiller départemental de Haute-Loire et invité de Radio Brunet,  la plupart des pays font passer leurs avantages avant l’intérêt collectif, paralysant ainsi le bon fonctionnement de l’Union Européenne.

"Parfois ce n’est pas tant les citoyens qui se désintéressent de l’Europe que leurs dirigeants. Je crois que certains des échecs récents de l’Union européenne sont dus à des excès d’attachement de nos élites à la souveraineté. Je pense notamment à la relation de l’Europe vis-à-vis du reste du monde. En matière de défense, en matière de gestion de la crise grecque, les différents pays, notamment la France et l’Allemagne, se sont arc-boutés pour défendre les intérêts de leurs banques nationales. Il en va de même dans la négociation récente du traité commercial avec les Etats-Unis."

Pour le conseiller régional, l'Union est victime du manque d'altruisme des pays qui la composent. "Quand on laisse la règle de l’unanimité et que l’on refuse de céder un pouce de souveraineté, on se retrouve avec une Europe qui vogue au grès des égoïsmes nationaux. Une Europe qui n’arrive pas à se positionner dans un monde qui oui, a été dominé entre 1792 et 1992 par les grandes puissances européennes, mais qui est en train de changer complètement avec l’arrivée de nouvelles grandes puissances."

Radio Brunet avec A.B.