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Contre le terrorisme, "la DGSI ne peut mener qu’une quarantaine de surveillances en simultané"

Dans Où sont passés nos espions? Petits et grands secrets du renseignement français (Albin Michel), à paraître mercredi, Eric Pelletier et Christophe Dubois pointent du doigt les failles de la surveillance anti-terroriste française. Ce dernier était l’invité de Radio Brunet mardi.

Mardi, Eric Brunet recevait Christophe Dubois, grand reporter à "7 à 8", et co-auteur de Où sont passés nos espions? Petits et grands secrets du renseignement français (Albin Michel). Dans ce livre qui paraît mercredi, les journalistes relèvent certaines défaillances des services de renseignements français dans leur guerre contre le terrorisme. Selon eux, il y a une question de moyens, mais aussi de communication entre les différents services. "L’information on là. On en a même beaucoup. La première difficulté c’est de l’analyser, la traiter et d’en faire quelque chose d’utile. Je vais vous donner quelques chiffres pour comprendre. Il y a aujourd’hui 2000 djihadistes considérés comme dangereux en France. Ce sont ceux impliqués dans les filières irako-syriennes. La DGSI, qui est le service en pointe sur le sujet, ne peut pas mener plus d’une quarantaine de surveillances en simultané. Donc là, on voit bien la difficulté. C’est qu’il faut choisir, discriminer, prioriser. C’est le problème majeur.

Mais il y a une autre difficulté, selon Christophe Dubois. "Le deuxième problème c’est que cette information il faut la partager entre services. Et on voit bien qu’entre certains services français, il y a une difficulté pour tout partager. Un commissaire de police nous a confié cette jolie phrase: une information qui ne circule pas n’est pas une information, c’est une idée. Ça résume assez bien le propos".

Radio Brunet (avec AM)