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Des vagues plus graves à cause des variants? "Une hypothèse de moins en moins crédible", selon Martin Blachier

Invité de RMC ce midi, l'épidémiologiste estime que le facteur des variants ne change que peu de choses dans la crise actuelle du Covid-19.

Avant le début du relâchement des mesures de restriction présenté par Emmanuel Macron jeudi, le gouvernement a ouvert vendredi la vaccination anti Covid-19 à 4 millions de Français supplémentaires, sous la double pression de l'opinion et de la montée des variants.

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Selon l'épidémiologiste Martin Blachier, invité de RMC ce midi, les calendriers présentés sont cohérents avec les données que l'on a sur le Covid-19:

"Je pense que le calendrier présenté est tenable. Il est effectivement ambitieux. Il y a une date à retenir dans ce calendrier: c'est le 9 juin. Avant on n'a pas trop peur car ce ne sont pas les lieux de contaminations principaux. Le 9 juin, quand les gens vont retourner au travail, dans les salles de sport, les restaurants, dans tous les lieux de contamination observés pendant les études, là, la prise de risque sera prise à ce moment.
Néanmoins, à ce moment-là, on aura quand même un effet estival dont personne ne parle, mais qui jouera un rôle important si on prend les données de l'année dernière. Car c'est principalement ce moment-là qui a créé un moment d'accalmie totale de trois-quatre mois. On s'attend à ce que la dynamique de baisse se poursuive entre le 15 mai et le 15 juin.
Donc c'est un calendrier très scientifique par rapport aux données que l'on peut avoir, à la fois sur la vaccination et la saisonnalité."

Variants: "Je veux bien qu'on agite cet épouvantail en permanence, mais..."

En revanche, l'épidémiologiste ne semble pas s'inquiéter de l'émergence des différents variants à travers le monde.

"On entend beaucoup parler des hypothèses de ces variants qui entraîneraient des nouvelles vagues. Il faut savoir que ces hypothèses ne sont pas confirmées dans aucun des pays qui sont déjà en train de lever leurs restrictions, et c'est une hypothèse pas confirmée par toutes les études sur la vaccination contre les variants.
Je veux bien qu'on agite cet épouvantail en permanence, mais plus on avance plus c'est un épouvantail qui est assez peu probable. Ca reste une hypothèse de moins en moins crédible. Donc on ne va pas rester confinés sur cette hypothèse alors qu'elle n'est observée nulle part. On n'est pas du tout repartis de zéro par rapport au variant anglais. La stratégie vaccinale reste valide."

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J.A.