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Étienne, CRS, sur la Nuit Debout: "On regarde les gens tout casser et on ne peut pas intervenir"

Étienne, CRS en poste aux abords de la place de la République, où se tient le mouvement Nuit Debout, regrette dans Carrément Brunet que les autorités laissent, selon lui, certains militants commettre des dégradations et des violences.

C'est un coup de gueule qu'a poussé Étienne, ce lundi dans Carrément Brunet, sur RMC. Ce CRS parisien a appelé le 3216 pour dénoncer les agissements de certains participants au mouvement Nuit Debout. Il ne s'est pas exprimé sur les huées contre le philosophe Alain Finkielkraut, samedi soir, mais contre les violences et dégradations commises sur la place de la République et dans les alentours. Étienne, participe au maintien de l'ordre aux abords de la place de la République. Et il regrette de ne pas pouvoir intervenir pour faire cesser les dégradations et violences.

"On regarde les gens tout casser, uriner partout… On n'a pas formellement ordre de ne pas bouger, c'est que les ordres ne viennent pas. On est là, mais on ne peut pas intervenir".

Toutefois, la préfecture de police de Paris, déclare ce lundi dans un communiqué qu'"aucune violence ou dégradation sur la place de la République et à ses abords" n'a été constatée depuis deux nuits grâce à des dispositions des organisateurs pour faciliter la dispersion des militants à 01h du matin.

"Ils veulent faire une ZAD sur la place"

Pour le CRS, les manifestants de la place de la République sont les mêmes que ceux qui occupaient la ZAD (zone à défendre, ndlr) de Notre-Dame-des-Landes.

"C'est le même public, vous avez juste deux ou trois bobos qui se greffent pour fumer des joints – ça m'incommode d'ailleurs quand je monte la garde sous la pluie".

Pour lui, "les gens veulent faire une ZAD sur la place. Ils demandent des pissotières, et puis après ce sera des tentes, des mecs monteront des cabanes... Il y en a déjà qui ont arraché les dalles en granit pour faire pousser des trucs".

"Les politiques ne veulent plus que la police fasse son travail"

Frustré de ne pas pouvoir plus intervenir, Étienne déplore que la police ne fasse "plus son travail". "Les CRS et policiers sont écœurés car on ne fait plus rien et quand on le fait on nous fait des reproches. Le collègue qui a mis un coup de poing à un lycéen (le 24 mars dernier lors d'une manifestation lycéenne contre la loi Travail, ndlr), c'est parce qu'il avait pris des bouteilles juste avant. Et le jeune qui a pris un coup de poing il avait jeté des bouteilles sur les policiers. Mais qui jette des bouteilles sur les policiers à 15 ans ? Moi, personnellement, je ne l'ai jamais fait".

"Je ne sais pas pourquoi les politiques ne veulent plus que la police fasse son travail. Mais moi je suis écœuré", conclut-il.

P. G. avec Eric Brunet