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La France "symbole des perdants du 21e siècle"? "Il faut remettre en route la production"

Nicolas Baverez est essayiste et auteur de Chroniques du déni français (Ed. Albin-Michel). Il dresse le portrait de la France de 2017 qu'il décrit comme "l’homme malade de l’Europe". Au micro de Radio Brunet, l’écrivain présente les trois réformes urgentes à réaliser, selon lui, pour redresser le pays.

La production, le capital et l’innovation. Ce sont les trois réformes majeures qui, selon Nicolas Baverez, donneront de l’allant au pays. Dans son livre Chroniques du déni français (Ed. Albin-Michel) il décrit la France comme le "symbole des perdants du 21e siècle". Selon lui, jamais la classe politique et les institutions n’ont été aussi paralysées. Pourtant, pour Nicolas Baverez, le redressement est possible sous certaines conditions. Invité de Radio Brunet, il explique qu’il faut en finir avec le déni français pour redresser le pays.

"La première chose fondamentale c’est de remettre en route la production. La production, c’est le travail. Il faut le libérer tout en protégeant les travailleurs. C’est ce que font des pays comme la Suède et les scandinaves. Il faut le réhabiliter dans sa dimension politique et morale", insiste Nicolas Baverez. 

"On a une industrie en cours de déliquescence"

"Le deuxième ingrédient c’est le capital. Aujourd’hui on a deux grands chocs: la mondialisation et la révolution numérique. Quand il y a ce genre de chocs, il faut investir pour s’adapter, moderniser l’appareil productif. Le nôtre est obsolète et on a une industrie en cours de déliquescence. Ensuite il y a l’énergie. Il y a un grand paradoxe dans l’acharnement que l’on a mis à détruire le système énergétique Français. Nous avions une énergie abondante, bon marché et nous étions autonome grâce au nucléaire".

"La dernière chose c’est l’innovation. Nous avons des ingénieurs français qui sont reconnus dans le monde entier. Une French-Tech superbe. Lorsque les start-up se lancent, ça va. Dès qu’elles grossissent, elles doivent partir parce qu’elles n’ont plus accès au capital. La place de Paris est maintenant la 37ème mondiale derrière Johannesburg. Comment est-ce qu’on peut arriver à faire des choses pareilles? Comment est-ce qu’on arrive à ça avec des atouts aussi forts?", se demande Nicolas Baverez.

Radio Brunet avec A. Benyahia