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Livret A et placements inférieurs à l'inflation: quelles alternatives?

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Le traditionnel Livret A (rendement de 0,75%) est à son taux historique le plus bas et fait perdre de l'argent aux Français en raison de l'inflation (près de 2%). Des associations de consommateurs s'inquiètent et des épargnants tentent de diversifier leur pécule, non sans risque.

Le Livret A est placement sûr, trop sûr ? L'association de défense des consommateurs CLCV a appelé jeudi les autorités à modifier la méthode de calcul du taux du Livret A, estimant que l'accélération de la hausse des prix entraînait une "dévalorisation historique" de l'épargne des ménages.

"Pour l'année 2018, l'inflation devrait se situer à environ 1,8% ou 1,9%. Avec un taux du Livret A gelé à 0,75%, le rendement sera de plus d'un point inférieur à l'inflation", souligne la CLCV, dont le délégué général, François Carlier, était l'invité de Radio Brunet ce jeudi.

Livret A : niveau plus bas historique à 0,75% jusqu'à 2020

"Il s'agit d'une situation jamais vue depuis le début des années 1980. Cela signifie concrètement que pour ces produits les particuliers voient la valeur réelle de leur épargne se dégrader", s'alarme l'association.

Mi-avril, le gouvernement avait annoncé le gel pour deux ans du taux du Livret A à 0,75%, soit le plus bas niveau historique de ce placement réglementé créé en 1818 et devenu depuis très populaire auprès des Français.

À partir du 1er février 2020, une nouvelle méthode de calcul du taux doit entrer en vigueur. Si celle-ci prévoit un taux minimum de 0,50%, elle renonce en revanche au principe historiquement en vigueur qui voulait que le taux du Livret A soit au moins égal au niveau de l'inflation, c'est-à-dire au rythme de hausse des prix à la consommation.

SCPI: taux de rendement de 4,4% en moyenne

Philippe Bruneau, président du cercle des fiscalistes, rappelle dans Radio Brunet qu'il y a d'autres moyens d'investir son argent mais en prenant évidemment une petite part de risque supplémentaire. L'investissement dans les SCPI via des contrats d'assurance-vie serait une alternative très intéressante pour les épargnants qui n'auraient pas les moyens d'investir dans l'immobilier directement.

"Vous pouvez investir dans l'immobilier dit "de papier". Une espèce de fonds qui lève de l'argent, et qui l'investit dans des bien immobiliers. Dilution du risque géographique, dilution du risque d'avoir un mauvais locataire, et pas de soucis administratifs à régler. Et quand vous investissez via une assurance-vie il n'y a pas de fiscalité.
En moyenne ça rapporte entre 4 et 4,5%, donc dans tous les cas largement au dessus de l'inflation. Si vous mettez ces parts de SCPI par exemple dans un contrat d'assurance-vie vous pouvez avoir une rentabilité brute égale à votre rentabilité nette vu qu'il n'y a pas de fiscalité."

"Si vous avez 20.000 euros vous pouvez mettre 10.000 euros en SCPI et 10.000 en sécurisé"

Le délégué général de l'association de consommateurs, François Carlier, a expliqué ce jeudi dans Radio Brunet qu'il a effectué un test sur une vingtaine de SCPI pour étudier la question et en expliques les risques. 

"C'est un placement qui a son intérêt mais il y a deux choses. Avec les prix à l'entrée, les frais de gestion, il faut avoir des niveaux d'épargne assez conséquent, c'est plutôt 10.000 euros le ticket d'entrée.
L'autre chose c'est que c'est un placement de diversification. Il ne faut pas oublier que c'est surtout sur de l'immobilier commercial. Les SCPI sont probablement plus liquides et moins risquées que dans les années 90, mais le vrai test sera au moment de la prochaine crise immobilière. Si vous avez 20.000 euros vous pouvez mettre 10.000 euros en SCPI et 10.000 en sécurisé."
J.A. avec Radio Brunet