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Marine, femme d'un gendarme du GIGN intervenu à Trèbes: "J'ai vu toutes les alertes et j'ai compris que c'était grave"

Ce lundi dans Radio Brunet, Marine a tenu à apporter son témoignage après la prise d'otages au Super U de Trèbes. Son mari, gendarme du GIGN était intervenu vendredi.

Ce lundi, Radio Brunet était consacré au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. Pour Eric Brunet, les enseignants doivent absolument parler à leurs élèves de ce "héros", mort après avoir pris la place d'une otage dans le Super U de Trèbes.

Pour Marine, femme d'un gendarme du GIGN qui est intervenu sur les lieux de l'attentat vendredi, il ne faut pas forcément en parler aux enfants très jeunes: "L'acte de bravoure de vendredi fait partie de l'éducation, mais pour les petits, c'est un peu tôt. Je n'ai pas envie que les enfants très jeunes soient pris dans cette spirale de l'angoisse".

Marine a aussi raconté les difficultés du quotidien de la vie d'un gendarme du GIGN:

"Ce n'est pas facile dans le sens où on ne peut pas tout le temps expliquer à nos trois enfants pourquoi leur père n'est pas là. Moi, j'essaie de ne pas être angoissée mais on a toujours un peu peur. Vendredi, sur le coup je n'ai pas trop percuté quand il m'a dit qu'il partait. Et puis un de mes collègues avait des alertes qui n'arrêtaient pas de sonner sur son téléphone et j'ai compris que c'était grave. Là forcément le temps s'arrête un peu et on attend vite le coup de fil qui nous dit que tout va bien. Et quand on apprend qu'il y en a un qui est blessé, on a peur, on espère que ça ne sera pas son mari et on est soulagé qu'il rentre le soir, même si l'atmosphère est un peu lourde".

"On est hyper fiers, mais on est fiers en silence"

Elle déplore aussi le fait que le simple fait d'être l'épouse d'un gendarme puisse la mettre en danger: "On est hyper fiers, mais on est fiers en silence parce qu'on n'ose pas trop le dire. On peut finir égorgés si on dit qu'on est femme de gendarme. C'est terrible".

Et de rappeler: "Je connais l'épouse de celui qui a été blessé et on oublie que ce sont des hommes avec des femmes, des enfants, que ce n'est pas facile pour eux d'être absents même s'ils ont un quotidien qui leur permet d'avoir des congés. Mais quand ils ne sont pas là, ils risquent leur vie au service des Français".

P.B.