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Moralisation de la vie publique: "c'est une condition de la démocratie", estime Eric Alt d'Anticor

D’ici le premier tour des élections législatives qui aura lieu le dimanche 11 juin, Emmanuel Macron devrait faire passer un projet de loi sur la moralisation de la vie publique. Une loi nécessaire pour revenir aux fondamentaux de la démocratie selon Éric Alt, magistrat et vice-président de l’association Anticor, qui lutte contre la corruption et pour l’éthique en politique.

C’est le projet de loi qui a scellé l’alliance entre Emmanuel Macron et François Bayrou pendant la campagne présidentielle: la moralisation de la vie publique. Le nouveau ministre de la Justice a reçu lundi un rapport du député PS René Dosière, contenant 12 propositions afin de participer à l'élaboration d'une loi devenu une nécessité selon Eric Alt, invité dans Radio Brunet. Pour ce magistrat et vice-président de l'association de lutte contre la corruption Anticor, cette loi est le symbole de l'échec de certains comportements politiques. 

"Montesquieu disait: "le principe de la République, c’est la vertu". On s’en était un peu éloigné ces derniers temps. Des lois étaient intervenues mais ces lois répondaient à des scandales. Cette fois, on aura peut-être une loi plus ambitieuse et de toute façon nécessaire. La classe politique joue son rôle, et la qualité de la production politique n’est pas en rapport avec la possibilité de jouir de petits privilèges, ou de faire de petites manigances. J’ajoute que la classe politique sera profondément renouvelée parce que ceux qui nous représentaient ne le faisaient pas vraiment. C’est l’échec d’un comportement politique et aussi la mise place des dispositions sur le non-cumul des mandats. La nouvelle classe politique sera peut-être moins encline à considérer comme des avantages acquis, tous ces petits privilèges".

Pour Éric Alt, exemplarité et compétence ne sont pas antinomiques. "Je ne crains pas que cette nouvelle classe politique soit proprette et se contente de cocher des cases. Je fais le pari d’avoir une classe politique vertueuse et d’avoir un niveau d’exigence plus important. C’est une condition de la démocratie, c’est un retour aux fondamentaux qui sont l’égalité devant la loi, devant l’impôt, l’indépendance de la justice. Que l’on ne me dise pas qu’il faut une classe politique un peu corrompue pour qu’elle fonctionne bien. L’ancien monde politique se rebelle contre cette moralisation, mais les députés Insoumis et En Marche! seront beaucoup plus ouverts. Si la caste est en voie de disparition, c’est parce qu’elle a eu ces comportements qui sont aujourd’hui très réprouvés".

Radio Brunet avec A.B.